Analyse sectorielle / Logiciels informatiques
11/12/2009 | 11:50Contexte. Certains logiciels sous licence résistent encore, Microsoft bénéficiant d'une position concurrentielle très forte dans l'informatique grand public grâce à son système d'exploitation Windows. Néanmoins, le développement des logiciels libres (pour lesquels chacun peut accéder aux lignes de code) ne se dément pas. En France, les entreprises et les administrations recourent énormément à ce type de logiciels. Selon le cabinet d'étude Markess, 96% des personnes interrogées dans les administrations y ont eu recours en 2009. Le chiffre d'affaires de cette activité devrait fortement croître, à un rythme annuel de 16,5% entre 2009 et 2011, et ainsi atteindre 3 milliards d'euros, contre 2,1 aujourd'hui. Le logiciel libre a investi de nombreux domaines, notamment les systèmes d'exploitation pour téléphones mobiles (avec l'Android de Google), les outils d'Internet (le navigateur Firefox), et les logiciels embarqués (dans les voitures). Le succès des logiciels libres est illustré par l'essor du navigateur Firefox, développé par une fondation à but non lucratif, Mozilla. Cinq ans après son lancement, il est utilisé par un internaute sur quatre dans le monde. Il grignote peu à peu des parts de marché au détriment d'Internet Explorer de Microsoft : sa part de marché atteignait début novembre 24% contre 64,7% pour Microsoft.
Perspectives et enjeux. L'industrie française des logiciels est très concentrée et souffre d'une faible internationalisation de son activité. Selon une étude réalisée par PricewaterhouseCoopers, seul Dassault Systèmes, qui vient de racheter ses activités de ventes de ses logiciels aux grands comptes à IBM, se démarque. Il se situe parmi les vingt premiers éditeurs mondiaux et représente à lui seul 32% du marché français. Il est le seul à bénéficier d'un positionnement international. Alors que les dix premiers éditeurs français exportent 75% de leur production, les quarante suivants réalisent seulement 37% de leur activité à l'étranger. Comme la France, les autres pays européens ont un poids limité dans le secteur mondial du logiciel, monopolisé par les acteurs américains. Seuls l'allemand SAP et le britannique Sage font partie des dix premiers éditeurs mondiaux. Pour l'avenir, les éditeurs européens sont confrontés à deux défis majeurs : la consolidation mondiale du secteur et l'émergence de nouveaux modèles économiques, tels que le SaaS (« software as a service »), qui exigent des investissements importants.
Pour comprendre. On distingue généralement les éditeurs de logiciels systèmes, qui servent à faire 'tourner' un environnement (type Windows), les éditeurs de progiciels de gestion (SAP, Business Objects), qui permettent de gérer certaines fonctions d'une entreprise (paie, gestion de la production, etc.), les éditeurs de progiciels de conception assistée par ordinateur (Dassault Systèmes) et les éditeurs d'applications bureautiques (Microsoft). Le secteur est une industrie de frais fixes souvent connus à l'avance. L'essentiel des charges d'exploitation porte sur la recherche-développement et la force commerciale.

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