Contexte. Les groupes pharmaceutiques pâtissent des politiques de rigueur budgétaire en Europe. Une réduction des dépenses est programmée pour le secteur de la santé, largement financé par les Etats. En France, la sécurité sociale devrait afficher un déficit de 26,8 milliards d'euros cette année (dont 13,1 milliards pour la branche maladie). Après l'Allemagne et l'Espagne, la Grèce a décrété une baisse moyenne de 21,5% du prix des médicaments. En réaction, certains groupes ont choisi de se retirer partiellement du marché grec. Ainsi, le danois Novo Nordisk, leader mondial de l'insuline, et son compatriote Leo Pharma, ont retiré une quarantaine de produits. L'Efpia, la fédération européenne du secteur, craint que d'autres Etats choisissent d'imiter la Grèce. Ce dernier est le moins cher du continent européen et il sert de référence à l'Espagne ou à l'Italie pour fixer leurs propres prix. Certains analystes prédisent que l'impact moyen des baisses de prix sur les ventes européennes des laboratoires pharmaceutiques devrait s'élever à 1,3% en 2011, annulant en partie la hausse annuelle prévue du secteur européen. Conscients de cette menace, les acteurs s'adaptent. Le britannique GSK expérimente des baisses de prix moyennes de 3% par an en Europe. Quant au dirigeant de Sanofi-Aventis, Chris Viehbacher, il souligne la nécessité pour son groupe de se diversifier. Peu à peu le poids de l'Europe dans le marché pharmaceutique mondial se réduit avec une part qui devrait passer de 31% à 23% d'ici à 2014.
Perspectives et enjeux. Le cabinet IMS Health a maintenu sa prévision d'une croissance de 4% à 6% du secteur pharmaceutique mondial cette année. L'an passé le marché a bien résisté à la crise économique, en progressant de 7%, à 837 milliards de dollars (622 milliards d'euros). IMS Health considère que le développement de l'activité devrait concerner les domaines de l'oncologie, du diabète, de la sclérose en plaques et du VIH, grâce à l'arrivée de nouveaux médicaments. La croissance du marché pharmaceutique mondial sera tirée par les pays émergents, en dépit de la concurrence des médicaments génériques. Le marché mondial devrait donc gagner quasiment 300 milliards de dollars, pour atteindre 1.100 milliards de dollars en 2014. Si la croissance des principaux marchés développés devrait se situer entre 3% et 6% d'ici 2014, celle des pays émergents sera bien supérieure, dans une fourchette comprise entre 14% et 17%.
Pour comprendre. Les produits commercialisés par les groupes pharmaceutiques sont variés : il s'agit à la fois de produits de santé et d'hygiène mais aussi de produits vétérinaires et phytosanitaires. Plusieurs facteurs devraient soutenir l'activité du secteur dans les années à venir : le vieillissement de la population mondiale, la capacité croissante des pays émergents à consommer des médicaments, et le développement de certaines pathologies telles que le diabète.

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