On a un peu l'impression de revivre le même scénario que le 17 octobre dernier à la Bourse de Paris puis sur les places européennes.
Un gros 'sell-off' s'est matérialisé vers 13H30/13H45 (alors que la bourse de Moscou s'effondrait de pratiquement -20% et le rouble de -10% à 76/$) et le CAC40 perdit alors plus de 2% à 3.926Pts... mais avec des marchés US qui semblent invulnérables (le Dow Jones gagne même +0,13%), quelques investisseurs sont repartis à la chasse aux cours bradés et Paris affiche maintenant +0,3%, tout comme en début de séance.

Tout va cependant à une vitesse folle, y compris sur l'Euro-Stoxx50 qui vient de repasser de -2,2% à zéro en 2 heures.

Mais avec une telle volatilité et une résistance de Wall Street qui semble résulter d'une volonté farouche de soutenir artificiellement les cours, il n'est pas certain que le CAC40 (+0,15% à 16H45) échappe à une 7ème séance de baisse consécutive (après avoir fondu de près de 10%, et même de -12% depuis lundi dernier).

Ainsi les principaux supports ont été enfoncés les uns après les autres et la prudence est plus que jamais de mise sur les marchés actions européens.

Les opérateurs ont peur de l'élection présidentielle anticipée en Grèce, laquelle approche à grands pas et est jugée à hauts risques par pléthore d'investisseurs puis du ralentissement économique mondial (qui expliquerait en grande partie la faiblesse des prix du pétrole, le baril venant d'enfoncer les 54$ à New York).

L'actualité est dense sur le front macroéconomique ce mardi.

Concernant l'eurozone, l'indice PMI composite de Markit a crû de 0,6 point en séquentiel ce mois-ci pour s'établir à 51,7 points en estimation flash. Ce chiffre demeure toutefois l'un des plus faibles enregistrés depuis un an et l'Allemagne, locomotive économique de la région, ne rassure toujours pas.

L'activité globale y enregistre en effet sa plus faible progression depuis juin 2013, tandis que l'activité du secteur privé français a baissé pour le huitième mois de rang.

'La faiblesse du taux d'expansion économique de la région, plus particulièrement la fragilité de la conjoncture en Allemagne et en France, devraient plaider en faveur de la mise en oeuvre immédiate de nouvelles mesures de relance', a commenté Chris Williamson, chef économiste à Markit, alors qu'il n'existe plus de consensus au sein du conseil des gouverneurs de la BCE à propos du déploiement d'un programme d'assouplissement quantitatif à brève échéance.

Toujours en Allemagne, l'indice ZEW du moral des investisseurs et des analystes allemands est ressorti en forte hausse à 34,9 au mois de décembre, soit un niveau nettement supérieur aux attentes des analystes, lesquels tablaient sur environ 20,5 points.

'La confiance dans l'économie allemande semble être progressivement de retour chez les professionnels des marchés financiers', s'est réjoui le président du ZEW Clemens Fuest, qui évoque comme éléments porteurs la faiblesse de l'euro ainsi que le repli des cours pétroliers.

Très insuffisant néanmoins pour rassurer des opérateurs particulièrement 'émotifs' ces temps-ci et qui doivent digérer de mauvais indicateurs américains publiés à 14H30 puis 16H: les mises en chantier ont reculé de -1,6% et les demandes de permis de construire ont chuté de -5,2%en novembre.
Enfin, l'indice flash manufacturier (de Markit) ralentit à 53,7 en décembre (après 54,8 en novembre) alors qu'une stabilité était anticipée.

Au chapitre des valeurs, Orange grimpe de +2,5% au lendemain de l'annonce de l'ouverture de négociations exclusives avec BT pour la cession d'EE, sa co-entreprise avec Deutsche Telekom. Le titre de l'opérateur historique est l'une des rares valeurs du CAC 40 à évoluer en territoire positif.

Les financières sont, elles, toujours à la peine à l'image de BNP Paribas (-1% à 46 euros) et de Société Générale (-3,2% à 33,3 euros, lanterne rouge de l'indice phare en compagnie de Renault qui perd -3,5%).

Signalons enfin l'effondrement de Neovacs, qui plonge de 56,2% à 1,4 euro dans le sillage de l'annonce de résultats finaux décevants pour l'étude de Phase IIb du produit-phare de la société de biotechnologie, le TNF-Kinoïde, dans la polyarthrite rhumatoïde (la trésorerie du groupe fond comme neige au soleil et chaque 'tirage' sur une ligne de crédit s'accompagne d'une émission d'actions, d'où une forte dilution).



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