Alors que le comité de politique monétaire de la Fed se terminera ce soir après Bourse, la monnaie unique européenne perdait 0,15% contre le billet vert américain ce midi sur le marché des changes, à 1,1362 dollar l'euro. Le point bas de onze ans 1,1104 touché lundi après la victoire, lors des élections législatives grecques, d'une coalition hétéroclite emmenée par le parti anti-austérité Syriza, reste cependant à bonne distance.

Face au yen, l'euro se tasse de 0,19% à 133,870, quand il perd 0,30% contre le sterling à 0,7465 et 0,52% face au franc suisse à 1,0217.

En effet, le QE massif de 60 milliards d'euros mensuels que la BCE mènera dès le mois prochain va augmenter la taille de son bilan et donc peser sur la valeur de l'euro, le premier constituant la contrepartie de la seconde.

Les conséquences politiques des élections grecques n'arrangent rien : 'la nomination de Yanis Varoufakis (en tant que ministre des Finances, NDLR), qui avait précédemment plaidé en faveur d'un défaut de la Grèce, a été accueillie négativement par les marchés hier', rappellent les équipes d'IG.

Cette nomination, ainsi que l'alliance de Syriza avec un parti de droite souverainiste, laissent présager des négociations difficiles avec la Troïka (BCE, Commission et FMI), ravivant ainsi les inquiétudes sur le dossier de la dette grecque.

Mais surtout, ce soir après la fermeture des marchés financiers en Europe, l'issue du comité de politique monétaire (le fameux FOMC) que la Réserve fédérale américaine a entamé hier constituera sans doute le principal événement du jour. Rappelons que ce FOMC se contentera d'un simple communiqué et qu'aucune conférence de presse ne sera organisée cette fois-ci.

Les opérateurs scruteront donc chaque phrase du texte pour essayer de deviner quand la Fed relèvera des taux courts au plus bas depuis fin 2008, à 0-0,25%.

La référence 'à une période considérable' de taux bas n'a plus cours et sera probablement remplacée par le nouvel engagement de la Fed à la 'patience', pronostiquent les cambistes de Société Générale.

Ce qui signifierait, selon Aurel BGC, “qu'une hausse des taux directeurs n'est pas prévue au cours des deux prochaines réunions du Comité, en mars et avril. La première hausse des taux directeurs ne serait pas envisagée avant le mois de juin.”

“Les spéculations vont bon train pour que le relèvement ait lieu soit à la fin du premier trimestre, soit dans le courant du deuxième trimestre”, résument d'ailleurs les analystes de XTB France.

Mais attention, les opinions ont divergé dernièrement : Aurel BGC ajoute d'ailleurs que “le problème est que les marchés n'anticipent plus de hausse des taux directeurs, avec une probabilité nettement supérieure à 50%, avant décembre 2015 !” D'ailleurs, “une minorité significative table toujours sur une absence de relèvement des taux en 2015', indique même Société Générale.

“La banque centrale va-t-elle devoir 'corriger' cet optimisme dans les attentes du marché ?” s'interroge Aurel BGC. A suivre. En attendant et “dans ces conditions, le dollar évolue dans un no man's land', constate Société Générale.


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