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OFFON

Mathieu
Burbau

Analyste Devises

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Euro / Swiss Franc (EUR/CHF) : Fin du bal pour les frontaliers suisses

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28/07/2017 | 16:03

Depuis l’abandon surprise du plancher (1.20 CHF pour 1 EUR) de la Banque nationale suisse (BNS) le 15 janvier 2015, les résidents français travaillant en territoire helvétique, les frontaliers suisses, n’ont eu guère d’occasion de se plaindre. Payés en francs et consommant en euros, ces privilégiés ont profité d’une hausse moyenne de plus de 10% de leur pouvoir d’achat pendant plus de deux ans à l’occasion d’une seule décision de politique monétaire. La situation a cependant commencé à évoluer depuis le premier tour de l’élection présidentielle française et l’inflation de la monnaie unique qui s’est amorcée à partir du 23 Avril dernier. Cette semaine, les choses s’accélèrent même subitement alors que l’Euro progresse de plus de 3% en quatre séances face à la devise helvétique.

Après avoir récemment replongé sous 1.0650 CHF au plus haut du Franc cette année, la devise européenne s’attaque désormais pour la première fois au trou de cotation béant provoqué par la décision controversée d’interrompre brutalement un arrimage mis en place à l’été 2011. Un scénario peu crédible il y a encore moins d’une semaine.

En conséquence, de forts soupçons pèsent logiquement sur la BNS quant à cette forte accélération de la dégringolade de sa monnaie. Après avoir déjà écorné sa crédibilité il y a deux ans et demi, la prestigieuse institution poursuit ouvertement une politique monétaire ultra-interventionniste caractérisée par un taux directeur négatif (-0.75%), le plus faible des principales grandes zones économiques à travers le monde. Son président Thomas Jordan multiplie par ailleurs les sorties offensives, dénonçant inlassablement une surévaluation du Franc.

La santé de la Confédération dépend fortement du commerce extérieur et un Franc faible encourage les exportations.

La BNS pourrait donc avoir une nouvelle fois participé à la dévaluation de sa monnaie, amplifiant une tendance globale en pesant lourd dans les carnets d’ordres, bénéficiant de volumes de transaction amoindris en période estivale, en particulier pendant les séances asiatiques, et profitant enfin du déclenchement d’une concentration massive de stops au-dessus de 1.12 CHF, seuil technique majeur.

Devant sa plateforme de trading, mieux vaut toujours éviter d’agir avec la foule. Hors, plus de 90% des investisseurs particuliers, majoritairement perdants sur les marchés, parient toujours sur une baisse de la parité EUR/CHF à court terme, signe que la tendance n’a probablement pas encore atteint son niveau de maturité.

Du côté de la vraie vie, sentant la fin du bal approcher, nos milliers de frontaliers font ainsi déjà grise mine dans l’habitacle des centaines de voitures quotidiennement coincées au passage obligé des douanes franco-suisses. Ce matin, avant même de garer leur véhicule, dans la plupart des cas sur le parking d’une grande entreprise genevoise ou bâloise, plusieurs d’entre eux avaient déjà pris conscience en écoutant la radio de l’échéance imminente d’une situation très exceptionnelle, d’un contexte qui n’avait absolument rien de normal.

A contrario, les résidents suisses travaillant dans l’hexagone pourraient commencer à se frotter les mains, mais en raison de l’importante différence de salaire entre les deux pays, ces moutons à cinq pattes ne courent pas vraiment les rues de l’Est de la France.

Mathieu Burbau
© Zonebourse.com 2017
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Réactions à cet article
Il ne faut pas oublier les frontaliers qui se sont endettés en CHF sur les niveaux de parité 1.06/1.08 ces 2 dernières années
Ils ont bénéficié d'un taux "CHF" d'emprunt de 0,4 à 1,2% moins élevé que les taux en €, et ils ont vu leur dette fondre de 6% ces 4 dernières semaines, représentant par exemple pour un emprunt sur 25 ans jusqu'à 2 ans d'échéance de remboursement. Ceux-là, ont le sourire :)