Feu vert des partis grecs à une nouvelle cure d'austérité
09/02/2012 | 18:00
* Les syndicats appellent à la grève
* Réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles
(Actualisé avec démission §6, Eurogroupe §13, FMI §15,
Bundestag §17)
par George Georgiopoulos et Harry Papachristou
Les trois partis de la
coalition au pouvoir en Grèce ont conclu jeudi un accord sur les
mesures d'austérité à mettre en oeuvre en échange d'un deuxième
plan d'aide financière, quelques heures avant une réunion de
l'Eurogroupe à Bruxelles.
L'Union européenne et le Fonds monétaire international
doivent au total débloquer 130 milliards d'euros et éviter en
premier lieu une cessation de paiement le 20 mars, date à
laquelle Athènes doit régler un fort volume de dettes
obligataires.
L'accord tripartite a été confirmé par Mario Draghi, le
président de la Banque centrale européenne (BCE), puis par le
Premier ministre grec, Lucas Papadémos.
"Les consultations à ce sujet entre le gouvernement et la
troïka, qui restaient en suspens dans l'attente de nouvelles
discussions, ont été conclues avec succès ce matin. Les
dirigeants politiques se sont mis d'accord sur l'issue du
dialogue", ont annoncé les services de Lucas Papadémos.
"Il existe un consensus large sur le contenu du nouveau
programme en vue de la réunion de l'Eurogroupe d'aujourd'hui."
Peu après l'annonce, le secrétaire d'Etat au Travail, le
socialiste Yannis Koutsoukos, a toutefois présenté sa démission
en jugeant les mesures "trop dures" et "trop douloureuses pour
les travailleurs".
Le ministre grec des Finances, Evangelos Vénizélos, s'était
rendu à Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe (17h00 GMT)
sans disposer d'un accord complet.
Les chefs de file des trois partis grecs - Antonis Samaras
de Nouvelle Démocratie (droite), George Papandréou du Pasok
(socialiste) et George Karatzaferis du LAOS (extrême droite) -
ont cependant fini par se mettre d'accord, y compris sur la
question de la réforme des retraites complémentaires qui restait
le dernier point de contentieux.
Prié de dire comment ce point précis avait été résolu, un
responsable du gouvernement grec a indiqué à Reuters: "D'autres
dépenses publiques seront réduites, nous verrons comment
minimiser le recul des retraites."
GRÈVE DE 48 HEURES
Alors que les négociations piétinaient encore, les deux
principaux syndicats du pays, GSEE (privé) et Adedy (public),
ont lancé un appel à une grève de 48 heures à partir de vendredi
pour dénoncer la cure d'austérité exigée par les bailleurs de
fonds.
"Les réformes douloureuses qui créent de la misère pour les
jeunes, les chômeurs et les retraités ne nous laissent pas
beaucoup de marge. Nous ne les accepterons pas. Nous allons vers
un soulèvement social", a dit à Reuters le secrétaire général
d'Adedy, Ilias Iliopoulous.
Le ministre grec des Finances doit rencontrer à Bruxelles
ses homologues de la zone euro, qui attendent de lui un
engagement sur des mesures d'économie de l'ordre de 3,3
milliards d'euros cette année.
Aucun accord définitif sur le deuxième plan de renflouement
n'est attendu à l'issue de la réunion, a cependant averti le
ministre néerlandais des Finances, Jan Kees De Jager.
De nombreux détails doivent encore être réglés qui portent
sur la participation des créanciers privés à la restructuration
de la dette grecque, le montant des financements publics fournis
par les 16 autres pays de la zone monétaire unique et le coup de
pouce qui pourrait être fourni par la BCE. (voir
)
Les discussions se poursuivent parallèlement avec le FMI.
"Une première étape importante était d'obtenir un accord parmi
les leaders de la coalition à Athènes et la prochaine est de
poursuivre les discussions sur cette base", a déclaré un
porte-parole de l'institution à Washington.
MERKEL AU BUNDESTAG VENDREDI
L'UE souhaitait que la nouvelle cure d'austérité soit
acceptée par la coalition gouvernementale grecque et approuvée
par la troïka avant le 15 février, le temps de régler ensuite
les procédures techniques complexes impliquées par un accord
entre Athènes et ses créanciers privés sur un échange de dette.
La chancelière allemande Angela Merkel rencontrera les
présidents de groupes parlementaires au Bundestag vendredi afin
de discuter du calendrier d'adoption des prochaines mesures sur
la Grèce. Angela Merkel a besoin du feu vert parlementaire pour
un échange de dette entre la Grèce et ses créanciers privés
ainsi que pour un deuxième plan d'aide, dont Berlin sera le
premier contributeur.
L'Europe espère éviter un défaut de paiement "désordonné" de
la Grèce, qui doit rembourser en mars 14,5 milliards d'euros
d'obligations arrivant à échéance.
L'économie grecque devrait se contracter de 4% à 5% cette
année, a-t-on dit mercredi de source gouvernementale, citant des
chiffres figurant dans un projet d'accord envoyé au FMI et
relatif au nouveau plan d'aide du pays.
Le recul du produit intérieur brut (PIB) serait donc bien
plus important que la baisse de 2,8% retenue dans le budget 2012
présenté en novembre.
(Benjamin Massot, Marine Pennetier, Gregory Schwartz et
Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles
Trequesser)