Le succès inespéré de
"l'autoroute de la mer" entre Saint-Nazaire et Gijon (Espagne) a
contribué à la stabilité du trafic du port de
Nantes-Saint-Nazaire en 2011 malgré un contexte économique
morose, a annoncé vendredi sa direction.
Plus de 18.000 camions ont emprunté l'an passé le ferry pour
traverser le golfe de Gascogne, essentiellement dans le sens
Espagne-France, alors que l'armateur LD Lines en attendait
13.000 pour cette première année d'exploitation.
"Ces chiffres sont inattendus car la précédente expérience
avait été un échec, tout le monde était un peu sceptique au
départ", a dit lors d'une conférence de presse Jean-Pierre
Chalus, président du directoire du Grand Port maritime de
Nantes-Saint-Nazaire.
La première "autoroute de la mer" entre Toulon (Var) et
Civitavecchia (Italie) avait en effet été abandonnée en mars
2009 par LD Lines au bout de quatre ans d'exploitation, faute de
rentabilité. Elle n'avait obtenu que 4 millions d'euros d'aides
publiques pour son démarrage, selon son armateur, alors que
celle entre Saint-Nazaire et Gijon en a reçu 34.
BIENTÔT UN ALLER-RETOUR QUOTIDIEN
La traversée du golfe de Gascogne, qui prend 14 heures
contre 20 par la route, s'avère aujourd'hui moins chère pour les
entreprises de transport, touchées par la hausse du prix des
carburants. L'utilisation du ferry permet aussi à leurs
chauffeurs d'avancer tout en respectant la réglementation
européenne, qui leur impose sur la route 11 heures de repos
toutes les 24 heures.
Des discussions ont ainsi été engagées pour faire passer la
fréquence de cette autoroute de la mer franco-espagnole de trois
à six allers-retours par semaine. "Ce changement était
initialement prévu pour 2013 mais nous pourrions l'anticiper", a
dit Jean-Pierre Chalus.
Une seconde autoroute de la mer, cette fois-ci entre le
détroit de Gibraltar et Le Havre via Vigo (Espagne) et
Saint-Nazaire, est par ailleurs toujours en projet.
La montée en puissance de cette liaison maritime entre
Saint-Nazaire et Gijón a ainsi fait doubler en 2011 le trafic
roulier du port de Nantes-Saint-Nazaire, qui demeure le
quatrième port français en volumes derrière Marseille, Le Havre
et Dunkerque.
Son trafic global - qui s'établit à 30,6 millions de tonnes
- a été marqué par un recul du transport de gaz naturel et de
charbon, compensé par une hausse des "trafics non énergétiques"
comme le transport des conteneurs ou des céréales.
(Guillaume Frouin, édité par Patrick Vignal)