Bourse de Paris : France-La baisse du ratio de dette repoussée d'un an
08/02/2012 | 18:10
* Le ratio de dette baisserait en 2014 et non en 2013
* Le plus dur reste à faire, prévient la Cour des comptes
(Actualisé avec Pécresse et Cahuzac)
Le projet de budget
rectificatif présenté mercredi prévoit que le déficit de l'Etat
français atteindra 84,9 milliards d'euros fin 2012 et que le
ratio de dette publique baissera en 2014, avec un an de retard
par rapport à l'objectif précédent.
Hors participation de la France au Mécanisme européen de
stabilité, qui doit soutenir les Etats de la zone euro en
difficulté (6,5 milliards d'euros), le déficit serait de 78,4
milliards cette année.
La trajectoire actualisée prévoit une dette publique à 89,1%
du PIB fin 2012, 89,3% en 2013, 88,3% en 2014, 86,2% en 2015 et
83,0% en 2016.
Les engagements français de réduction du déficit public sont
confirmés, à 4,5% du PIB fin 2012 et 3% en 2013. Le gouvernement
prévoit ensuite de le réduire d'un point par an pour atteindre
l'équilibre en 2016 pour la première fois depuis 1974.
Le déficit public (qui comprend le déficit de l'Etat, les
comptes sociaux et ceux des collectivités locales) à fin 2011
devrait être inférieur à l'objectif de 5,7%, selon le
gouvernement.
Favori des sondages, le candidat socialiste à la
présidentielle, François Hollande, s'est lui aussi engagé à
ramener le déficit à 3% fin 2013. Il vise l'équilibre en 2017.
LE PLUS DUR RESTE À FAIRE
La Cour des comptes, qui certifie les comptes publics, a
estimé qu'à peine 10% de l'effort total qui doit permettre de
ramener à zéro le déficit structurel de la France avait été
réalisé l'an dernier, dans son rapport annuel publié mercredi.
Son premier président, Didier Migaud, a souhaité que les
moyens conditionnant l'atteinte des objectifs de réduction du
déficit public soient précisés.
Il a par ailleurs invité les autorités à réduire de 15
milliards d'euros les niches fiscales, ces dérogations qui
amputent les recettes publiques.
"Il faut que notre pays s'éloigne aussi rapidement que
possible de la zone dangereuse dans laquelle il est entré en
raison de son niveau d'endettement", a-t-il dit lors d'une
conférence de presse. (voir )
Pour le président de la commission des Finances de
l'Assemblée nationale, le socialiste Jérôme Cahuzac, "le rapport
confirme que la gestion des finances publiques par Nicolas
Sarkozy ces cinq dernières années fut imprévoyante et
dangereuse".
"Imprévoyante car nous atteignons un endettement qui est
extrêmement préoccupant et dangereuse pour le pays car, à ce
niveau d'endettement, c'est notre souveraineté nationale qui est
cause."
Selon la ministre du Budget, Valérie Pécresse, au contraire,
"nous n'avons jamais été aussi crédibles pour tenir nos
engagements de déficit à 4,5% du PIB".
"Nous avons eu une très bonne gestion 2011, exceptionnelle,
qui nous a permis de prendre de l'élan et d'être en avance pour
2012 ce qui nous rend sereins", a-t-elle ajouté.
Le déficit budgétaire de l'Etat s'est établi l'an dernier à
90,8 milliards d'euros, selon les chiffres publiés mercredi par
le ministère du Budget.
Il est inférieur de plus de 4,5 milliards d'euros à la
prévision budgétaire, ce qui devrait ramener le déficit public
en deçà de l'objectif de 5,7% du PIB fin 2011. ( )
Graphique sur le déficit : http://link.reuters.com/xud56s
Les chiffres-clés de la dette de la France
LE POINT sur la conjoncture française
(Matthias Blamont et Jean-Baptiste Vey, avec Emile Picy, édité
par Yves Clarisse)