PARIS, 30 octobre (Reuters) - Nicolas Sarkozy semble peu à peu distancé par Alain Juppé dans la perspective de la primaire à droite pour la présidentielle de 2017, même si son recul dans les sondages ne devrait pas l'empêcher de ravir la présidence de l'UMP.

Les soutiens de l'ancien président nient qu'il ait effectué, depuis un mois, un retour raté, à l'image du député UMP Laurent Wauquiez : "Je pense surtout que certains voudraient écrire ce scénario parce que Sarkozy les dérange", a-t-il dit.

Mais Nicolas Sarkozy voit sa cote d'influence fortement chuter dans le baromètre BVA Orange diffusé jeudi, reculant non seulement parmi les Français, à 26% (-7 points), mais parmi les sympathisants de la droite (52%, -12) et, surtout, ceux de l'UMP (71%, -13).

Il est maintenant devancé par le maire de Bordeaux de 29 points parmi les Français (26%, contre 55% pour Alain Juppé), de 15 points parmi les sympathisants de la droite (52%, contre 67%) et, fait nouveau, de 7 points parmi les sympathisants de l'UMP (71%, contre 78%).

En outre, Nicolas Sarkozy est pour la première fois derrière la présidente du Front national Marine Le Pen (29%, +1) chez les Français et, parmi les sympathisants de la droite, il est seulement au coude-à-coude avec elle (52% contre 51%).

Dans un autre sondage BVA-Orange montrant que les Français sont favorables (55% contre 42%) à une dissolution de l'Assemblée nationale mais n'y croient pas (73%), Nicolas Sarkozy est à nouveau distancé par le maire de Bordeaux comme "Premier ministrable" UMP en cas de cohabitation.

Il l'est à la fois parmi l'ensemble des Français (11% pour Nicolas Sarkozy, contre 49% pour Alain Juppé), mais aussi parmi les sympathisants de la droite (21%, contre 42%) et parmi ceux de l'UMP (23%, contre 46%).

"IL N'A PAS CHANGE"

Début octobre, un sondage LH2 pour L'Obs indiquait que 47% des électeurs d'une primaire ouverte à droite choisiraient Alain Juppé, contre 35% Nicolas Sarkozy.

Face à la multiplication des affaires judiciaires et le risque de voir l'UMP tomber dans des mains concurrentes, Nicolas Sarkozy a précipité la sortie de sa retraite politique et multiplié les meetings.

S'il apparaît toujours très énergique et bon communicant, ses opposants estiment qu'il n'a tiré aucune leçon de son échec de 2012. "Tout le monde a compris qu'il n'avait pas changé, sinon peut-être en pire", a récemment lancé le ministre socialiste des Finances, Michel Sapin, jugeant les propositions économiques de l'ancien chef de l'Etat "effarantes".

De son côté, le maire de Bordeaux joue sur une image rassurante et peaufine ses propositions pour redresser la situation de l'économie française.

Alain Juppé s'estime en outre renforcé par ses revers, à l'image de l'échec de la réforme des retraites de 1995.

Alors que l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac est souvent critiqué pour sa froideur, il était jugé plus sympathique et moins clivant par les Français que son rival dans un sondage Ifop pour Sud-Ouest publié le 18 octobre. (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)