La BCE toujours divisée sur la manière d'aider la Grèce-sources
08/02/2012 | 18:25
* Pas de consensus à la BCE sur une contribution à la
restructuration
* Mario Draghi n'a pas encore dévoilé sa position
* Les marchés réagissent en baisse
(actualisé avec détails)
Les dirigeants de la
Banque centrale européenne (BCE) restent divisés sur une
éventuelle contribution de l'institut d'émission à une
restructuration de la dette grecque, ont déclaré mercredi deux
sources de la zone euro.
L'information a fragilisé les marchés d'actions, les Bourses
européennes se retournant pour clôturer en baisse tandis que
Wall Street évoluait également en baisse après une ouverture
stable.
Si le secteur privé s'est déjà engagé à déprécier la valeur
de ses titres de dette grecque, Athènes et les banques
commerciales exhortent la BCE à supporter une partie du coût de
la restructuration en cours afin que la dette grecque redevienne
tenable.
La BCE a pour le moment exclu d'accepter une décote de ses
titres obligataires grecs mais étudie d'autres moyens de
contribuer au renflouement de la Grèce. Elle pourrait notamment
restituer à Athènes les plus-values perçues sur les obligations
grecques qu'elle détient, ce qui lui permettrait de contourner
l'interdiction de financer directement des Etats.
Elle pourrait ainsi céder ces titres au Fonds européen de
stabilité financière (FESF) à leur prix d'achat, à charge pour
le FESF de rétrocéder l'écart à Athènes.
Mais pour ce faire, les 23 membres du Conseil de gouvernance
de la BCE doivent trouver un terrain d'entente, or certains
d'entre eux se sont montrés réticents à l'idée d'une
contribution de la BCE.
"Il n'y a pas encore d'accord. Certains membres du Conseil
s'y opposent", a dit l'une des deux sources, qui a précisé que
le président de la banque centrale Mario Draghi n'a pas encore
exprimé son opinion.
"Pour ce que je sais, aucune décision officielle n'a été
prise", a renchéri une seconde source.
DOUTE SUR L'EFFICACITÉ DES SOLUTIONS ENVISAGÉES
Le Wall Street Journal avait plus tôt rapporté que la BCE
avait fait des concessions sur ses titres de dette grecque afin
de contribuer à la réduction du fardeau supporté par Athènes et
permettre un retour du ratio d'endettement grec à 120% d'ici
2020, contre 160% aujourd'hui.
La BCE, devenue au fil des mois le premier créancier de
l'Etat hellénique, a déboursé pour acquérir ses titres
obligataires grecs 11 milliards de moins que leur valeur
faciale.
Cette différence correspondrait peu ou prou au montant
nécessaire pour permettre un retour du ratio d'endettement grec
à 120% d'ici 2020, selon les analystes.
Athènes, qui doit rembourser en mars 14,5 milliards d'euros
d'obligations arrivant à échéance, doit trouver dans l'urgence
un accord de restructuration de sa dette afin de s'assurer un
deuxième plan de sauvetage international et ainsi éviter un
défaut de paiement "désordonné".
Dans cette optique, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude
Juncker a convoqué les ministres des Finances de la zone euro
jeudi à 17h00 GMT à Bruxelles afin de décider des grandes lignes
d'un nouveau plan d'aide à la Grèce, a-t-on appris mercredi dans
un communiqué.
Mais certains responsables de l'Union européenne
s'interrogent désormais de la capacité de la Grèce à s'en
sortir, même si un accord était trouvé.
Le niveau d'endettement de la Grèce ne sera pas tenable si
le niveau de la décote sur sa dette est limité à 70%, a prévenu
de son côté l'agence de notation Standard & Poor's. (voir
)
S&P, qui note actuellement la dette grecque "CC" avec
perspective négative, a indiqué qu'elle prévoyait d'abaisser
cette note à défaut sélectif pour une durée temporaire, le temps
que le gouvernement parachève l'accord sur l'échange de dette.
(Paul Carrel, Catherine Monin pour le service français, édité
par Nicolas Delame)