L'offre de ZF à 105,60 dollars par action en numéraire représente une prime de 1,7% sur le cours de TRW à la clôture de vendredi (103,85 dollars).

La transaction valorise l'équipementier américain une douzaine de milliards de dollars sur la base du flottant et sa valeur comptable est de 13,5 milliards de dollars, passif inclus, ont annoncé les deux groupes lundi.

L'opération aboutira à la création d'un nouveau poids lourd du secteur des équipements automobiles avec un chiffre d'affaires combiné supérieur à 40 milliards de dollars, permettant à ZF de quasiment doubler ses ventes sur les deux plus grands marchés mondiaux, la Chine et les Etats-Unis.

Cette acquisition va permettre à ZF, spécialisé dans les systèmes de direction et les trains de transmission, de faire une percée dans les produits de sécurité automobile, comme les freins et les airbags, et dans l'électronique embarquée.

"La principale motivation de cette opération est technologique, dans le domaine de l'électromobilité et dans le domaine de la conduite autonome," a déclaré le président du directoire de ZF, Stefan Sommer, lors d'une conférence de presse.

Le prix de la transaction représente un multiple de l'ordre de 7,6 fois le bénéfice avant impôt, intérêts, dépréciations et amortissements de TRW pour l'exercice annuel clos en juin, ce qui fait de cette OPA l'une des plus onéreuses jamais lancée dans le secteur.

L'équipementier allemand avait auparavant annoncé la cession de ses activités systèmes de direction à son homologue Robert Bosch, ouvrant la voie au rachat de TRW.

Reuters avait rapporté le 30 juillet que ZF poursuivait des discussions à un stade avancé en vue d'acquérir TRW pour 105 dollars par action.

TRW, basé dans le Michigan, a réalisé un chiffre d'affaires de 17,43 milliards de dollars l'année dernière et fournit quasiment tous les grands constructeurs automobiles. Volkswagen est son plus gros client. Le groupe tire environ 40% de ses revenus de l'Europe.

De son côté, le groupe non coté ZF génère environ la moitié de ses revenus en Europe et a fait état pour 2013 d'un chiffre d'affaires de 16,84 milliards d'euros.

La transaction doit encore être soumise aux autorités de la concurrence et des investissements étrangers aux Etats-Unis. Elle devrait être bouclée au premier trimestre 2015, précise ZF, qui dit avoir reçu un crédit relais de Citigroup et Deutsche Bank.

Le groupe allemand pourrait émettre une obligation dans les six mois à venir pour contribuer à financer l'opération.

(Soyoung Kim à New York, Mathilde Gardin et Juliette Rouillon pour le service français)