Bourse de Wall Street : Le nouveau plan américain pour purger les banques mal accueilli
10/02/2009 | 20:06 Le Trésor américain a dévoilé mardi un nouveau plan de soutien au secteur financier d'un montant potentiel de plus de 2.000 milliards de dollars, destiné à décharger les banques d'actifs à risques et à faciliter le crédit aux entreprises et aux ménages pour sortir les Etats-Unis de la récession.
19:44 10Feb2009 RTRS-LEAD 2 USA - Le nouveau plan pour les banques mal accueilli
par Glenn Somerville
Mais les marchés financiers n'ont visiblement pas été convaincus, d'autant que le secrétaire au Trésor Timothy Geithner n'a pas détaillé les modalités de fonctionnement des nouveaux dispositifs prévus.
Geithner a souligné la nécessité de nouvelles initiatives en expliquant que les précédentes - mises en oeuvres par l'administration Bush - n'avaient pas rencontré la confiance de l'opinion publique.
"Il s'agit d'un défi plus complexe que tout ce à quoi notre système financier a jamais été confronté, dont la résolution requiert de nouvelles mesures et une attention continue", a-t-il dit.
Mais pour Joseph LaVorgna, chef économiste USA de Deutsche Bank Securities à New York, "ce n'est pas suffisant. Ça manque de détails".
Wall Street perdait plus de 4% vers 18h30 GMT, l'indice Dow Jones retombant sous 8.000 points, et les valeurs bancaires étaient de nouveau attaquées: Bank of America chutait de près de 18% et Citigroup de 13% environ. Le dollar abandonnait lui aussi du terrain.
Geithner a assuré que son "Plan de stabilité financière" pourrait décharger les bilans des banques de 1.000 milliards de dollars d'actifs à risques, dits "toxiques", tout en débloquant 1.000 autres milliards de crédits destinés aux consommateurs et aux petites et moyennes entreprises.
"Nous sommes confrontés à une crise financière extrêmement complexe", a-t-il dit par la suite sur la chaîne de télévision CNBC. "Il faudra beaucoup de temps pour la résoudre, ce sera difficile, mais nous continuerons jusqu'à ce qu'elle soit résolue."
Au centre du nouveau dispositif se trouve une nouvelle structure associant capitaux publics et fonds privés en partenariat avec la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC), l'autorité de garantie des dépôts bancaires, et la Réserve fédérale.
"ALAMBIQUÉ, BROUILLON ET BRUMEUX"
Son objet serait de sortir des actifs dit "toxiques" du système bancaire, afin de consolider les bilans des établissements de crédit.
Ce fonds public-privé devrait dans un premier temps disposer de 500 milliards de dollars mais sa taille pourrait être doublée, a précisé Geithner.
Mais sa mise en place devrait s'étaler sur "les prochaines semaines et les prochains mois", a ajouté ensuite un responsable du Trésor, expliquant qu'elle pourrait conduire à la création de plusieurs entités distinctes.
"Les investisseurs veulent de la clarté, de la simplicité et de la détermination. Ce plan est considéré comme alambiqué, brouillon et brumeux", a commenté James Ellman, président de la société de gestion Seacliff Capital à San Francisco.
Un autre volet majeur du nouveau plan prévoit d'étendre le dispositif "Talf" (Term Asset-backed Securities Loan Facility) de la Fed destiné initialement au soutien au crédit à la consommation, aux prêts étudiants et au crédit automobile.
Cette facilité pourrait être portée de 200 à 1.000 milliards de dollars grâce au quintuplement des financements apportés par le Trésor, ce qui lui permettrait de générer des prêts d'un montant équivalent.
Dans son discours, Geithner a reconnu que le plan initial de renflouement des banques de 700 milliards de dollars en deux volets voté en octobre par le Congrès avait suscité des critiques et un certain scepticisme et il a dénoncé l'attitude des dirigeants de certaines institutions financières ayant reçu des fonds publics.
"Le spectacle d'énormes montants d'argent du contribuable apportés à des institutions qui ont contribué au déclenchement de la crise, avec une transparence et une surveillance limitées, ont ajouté à la défiance de l'opinion publique", a-t-il ajouté.
Quelques minutes après son discours, le Sénat a adopté le plan de relance économique de la Maison blanche, d'un montant global de 838 milliards de dollars, ouvrant la voie à de délicates négociations avec la Chambre des Représentants pour aboutir à un texte commun.
Le président Barack Obama a salué cette "bonne nouvelle" tout en reconnaissant qu'"un peu de travail" restait à faire avant qu'il puisse signer le texte.
(avec David Lawder et Mark Felsenthal, version française Marc Angrand)