Le nouveau sauvetage grec pourrait coûter E145mds-sces
04/02/2012 | 00:00
* Soit 15 mds d'euros de plus que prévu
* Les fonds aideraient à recapitaliser les banques grecques
* Réunion de l'Eurogroupe mercredi - Venizelos
(Actualisé avec des déclarations de Venizelos)
par Jan Strupczewski
Les Etats de la zone
euro pourraient devoir apporter jusqu'à 145 milliards d'euros de
financements dans le cadre du deuxième plan d'aide à la Grèce,
soit 15 milliards de plus qu'initialement prévu, apprenait-on
vendredi de plusieurs sources européennes.
Ces fonds supplémentaires permettraient surtout de faciliter
la recapitalisation du secteur bancaire grec après les pertes
que les créanciers privés d'Athènes auront consenties sur leurs
obligations souveraines, ont expliqué les sources.
"L'accord des dirigeants en octobre portait sur 100
milliards d'euros de financement pour la Grèce et 30 milliards
pour faire passer la pilule de l'échange de dette au secteur
privé. Maintenant ce pourrait être 115 milliards plus 30
milliards", a dit l'une des sources.
La somme de 145 milliards d'euros est une estimation
indicative et non un montant arrêté, ont précisé les
responsables européens, ajoutant que le principe même d'un
effort accru des contribuables de la zone euro au deuxième plan
de sauvetage grec se heurtait à la réticence de certains pays
membres.
Les négociations en cours avec les créanciers privés sur une
décote de près de 70% de la valeur de leurs titres souverains
grecs - qui allégerait la dette du pays de quelque 100 milliards
d'euros - sont sur le point de s'achever.
QUEL ROLE POUR LA BCE ?
Mais il reste à déterminer quelle décote les acteurs publics
- la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales
nationales de la zone euro - pourraient devoir consentir sur
leurs titres grecs pour rendre viable la dette d'Athènes.
Le rôle potentiel des titres détenus par la BCE dans une
restructuration de la dette grecque n'a pas encore été décidé et
les discussions sur ce point sont dans une phase "délicate", ont
dit des responsables européens.
Le FMI estime que, pour être viable, la dette grecque devra
diminuer d'ici 2020 à 120% du produit intérieur brut (PIB)
contre environ 160% actuellement.
Un accord sur la participation du secteur privé devrait
ramener la dette grecque proche de ce niveau, mais pas
complètement. Par conséquent, les sources disent s'attendre à ce
que le secteur public aussi consente une décote en plus des
fonds supplémentaires apportés par les Etats de la zone euro.
Il n'y aura pas de réunion des ministres des Finances de la
zone euro (Eurogroupe) lundi comme cela avait été un temps
envisagé et la rencontre sera reprogrammé plus tard dans la
semaine, a annoncé de son côté le président de l'Eurogroupe,
Jean-Claude Juncker.
Le ministre des Finances grec Evangelos Venizelos a dit que
l'Eurogroupe tiendrait une conférence samedi après-midi pour
discuter de la Grèce avant une réunion prévue pour mercredi.
Cette réunion doit notamment permettre de finaliser un
deuxième plan d'aide à la Grèce impliquant de nouveaux
financements publics et une restructuration de la dette grecque
avec les créanciers privés du pays.
Les inquiétudes suscitées par l'absence apparente d'avancée
sur le dossier grec font cependant plonger la Bourse d'Athènes.
"Le marché grec (-3,3%) et les banques grecques (-9,4%) sont
en chute libre. Il y a plusieurs rumeurs qui évoquent la
démission du (Premier ministre grec Lucas) Papadémos, et la
réunion européenne sur la Grèce a été reportée...aux calendes
grecques", a commenté un cambiste.
Venizelos, qui a jugé que la question de l'échange de dette
était à présent devenue la partie la plus facile des
négociations, a également confirmé qu'une réunion des chefs
politiques du gouvernement se tiendrait samedi pour tenter de
les rallier aux réformes exigées par les bailleurs de fonds.
(Natalie Huet et Wilfrid Exbrayat pour le service français)