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Trump donne une "dernière chance" à l'accord nucléaire iranien

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13/01/2018 | 03:38

(Actualisé avec citations de Trump, réaction de l'UE, précisions)

par Steve Holland

Donald Trump a confirmé vendredi, pour la "dernière fois", la suspension des sanctions économiques dont bénéficie l'Iran en vertu de l'accord de 2015 qui encadre les activités nucléaires de la République islamique.

Le président américain a fixé un ultime délai, de 120 jours, pour permettre aux Etats-Unis et à leurs partenaires européens de corriger, a-t-il dit, les "terribles défauts" dont souffre cet accord signé à Vienne le 14 juillet 2015.

Si ces modifications ne sont pas apportées d'ici quatre mois, dans un texte distinct, les Etats-Unis se retireront unilatéralement de l'accord, a expliqué un responsable de l'administration américaine.

"Bien que j'y sois très fortement enclin, je n'ai pas encore retiré les Etats-Unis de l'accord nucléaire iranien", a déclaré Donald Trump dans un communiqué. "A la place, j'ai mis en exergue deux voies possibles : ou régler les terribles défauts de l'accord ou les Etats-Unis se retireront."

L'Iran a immédiatement réagi. Son ministre des Affaires étrangères a souligné que le Plan global d'action conjoint (PGAC), nom officiel de l'accord de 2015, n'était pas renégociable. Dans un message sur Twitter, Mohammad Javad Zarif estime que le président américain ne fait que se livrer "à des tentatives désespérées de saper les fondements d'un accord multilatéral solide".

Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, Donald Trump ne fait pas mystère de son intention de voir annulée cette convention d'encadrement du programme nucléaire iranien, conclue sous la présidence de son prédécesseur démocrate Barack Obama entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Chine, France, Royaume-Uni, Etats-Unis et Russie) plus l'Allemagne et l'Union européenne.

Dans un communiqué émis par la Maison blanche, le président américain parle de "dernière chance" et invite les pays européens signataires "à se joindre aux Etats-Unis pour corriger les défauts significatifs dont souffre cet accord, à s'opposer à l'agression iranienne et à soutenir le peuple iranien".

L'Union européenne dit avoir pris note de la décision de Trump et indique qu'elle va en étudier les conséquences.

Soulignant la difficulté de la situation, un diplomate européen a déclaré sous le sceau de l'anonymat : "Cela va être compliqué de sauver l'accord après cela."

SANCTIONS CIBLÉES

Pendant que Trump maintenait la levée des sanctions, le département du Trésor décidait d'imposer de nouvelles sanctions ciblées contre 14 entités et personnalités iraniennes, dont le chef de l'appareil judiciaire, l'ayatollah Sadeq Larijani.

Dans un communiqué, le département du Trésor écrit que ce proche du guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est rendu coupable "de graves violations des droits de l'homme en Iran".

Le président américain va maintenant travailler avec ses alliés européens sur un accord complémentaire qui précise certains points que le gouvernement iranien ne peut dépasser en ce qui concerne les missiles balistiques, ont indiqué de hauts responsables de l'administration aux journalistes.

L'un d'entre eux a expliqué que Trump pourrait peut-être rester dans un accord modifié s'il devenait permanent.

Donald Trump a présenté plusieurs conditions pour maintenir les Etats-Unis dans l'accord. L'Iran doit autoriser "des inspections immédiates de tous les sites requis par les inspecteurs internationaux", a-t-il dit.

De même, il a dit souhaiter lier les programme iraniens nucléaire et de missiles à longue portée, de sorte que tout test de missile ferait l'objet de "sanctions sévères".

Le président veut que le Congrès modifie la loi qui réexamine la participation des Etats-Unis à l'accord nucléaire pour qu'elle comprenne des "points de déclenchement" qui, s'ils n'étaient pas respectés, déboucheraient sur la réinstauration de sanctions par les Etats-Unis, a dit ce responsable.

Cela ne passerait pas par des négociations avec l'Iran, ajoute-t-il, mais serait plutôt le résultat de discussions entre les Etats-Unis et leurs alliés européens. Des travaux ont déjà commencé en ce sens, a ajouté le responsable.

Selon l'analyste Richard Nephew, pour savoir si les conditions posées par Trump seront acceptées, il faut déterminer s'il veut vivre avec l'accord nucléaire en sauvant la face avec la couverture politique d'une législation américaine d'apparence ure, ou s'il veut vraiment que l'accord de 2015 soit réécrit.

Selon lui, des dispositions législatives pourraient être prises qui pourraient sembler apaiser les craintes de Trump mais, en revanche, obtenir de l'Iran qu'elle consente à autoriser des inspections internationales illimitées est impossible, de même que faire en sorte que les restrictions nucléaires de l'accord de 2015 soient illimitées dans le temps. (Avec Jeff Mason, Doina Chiacu, David Alexander et Arshad Mohammed à Washington, Robin Emmott à Bruxelles et Parisa Hafezi à Ankara; Gilles Trequesser et Danielle Rouquié pour le service français)

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