Albert Frère monte sagement au capital d’Arkema
08/11/2011 | 07:00 Groupe Bruxelles Lambert, la holding de l’homme d’affaires belge, continue de grignoter le capital du deuxième groupe chimique de France. Une montée qui correspond plus à un ajustement conjoncturel qu’à une nouvelle stratégie industrielle de GBL
Albert Frère se sent bien en France. Via sa holding Groupe Bruxelles Lambert (GBL), l’homme d’affaires a passé le seuil de 10% du capital d’
Arkema. Avec 10,02% du capital et 12,51% des droits de votes, GBL se hisse au niveau – voir au dessus – de
Greenlight Capital. La firme de
David Einhorn était en effet jusqu’ici le premier actionnaire du chimiste français. La progression dans le capital de
GBL n’est pas négligeable, puisqu’au dernier pointage, le groupe ne détenait que 6,1% d’Arkema.
Pour autant,
Albert Frère ne sort pas l’artillerie lourde. Dans une lettre à l’Autorité des marchés financiers, le groupe du milliardaire belge assure qu’il n’a pas l’intention de prendre le contrôle d’Arkema ou de pousser à la nomination d’un de ses candidats au conseil d’administration. Tout au plus, GBL se réserve-t-il la possibilité d’accroître à la marge sa participation, « en fonction des opportunités du marché ».
Les perles françaises d’Albert Frère
Les 10% détenus par Albert Frère dans Arkema représente une valeur de 314 millions d’euros, soit un peu moins de 5% du portefeuille de participations de la holding, qui se monte à 12,7 milliards au total (cf. diagramme ci-dessous). A côté d’
Arkema,
GBL est présent dans de grands groupes industriels sur l’Hexagone comme Total, GDF Suez ou Pernod Ricard. C’est d’ailleurs une de ses « pépites » françaises qui est à l’origine des pertes de GBL au troisième trimestre.
Lafarge, dont
GBL détient 21% du capital, s’est sensiblement déprécié sur trois mois, représentant une charge de 650 millions d’euros sur les résultats de GBL. Du coup, la filiale d’
Albert Frère a concédé une perte de 12 millions d’euros sur le trimestre, alors qu’elle avait dégagé un bénéfice net de 596 millions un an plus tôt. Beau joueur, GBL ne charge pas la barque sur Lafarge et précise qu’il s’agit d’une dépréciation de « nature comptable ».
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