Albert Frère patine dans le mariage d'Entremont avec Sodiaal
09/12/2009 | 06:00 À la fin de l'été dernier, Entremont et Sodiaal ouvraient une période de négociations exclusives pour aboutir à un accord en vue d'un rapprochement. En vain à ce jour. Le ministre de l'Agriculture souhaite que la constitution du quatrième groupe laitier européen aboutisse rapidement.
Malgré un nouveau délai d'un mois, Entremont et Sodiaal ne sont donc pas parvenus à s'entendre dans les délais impartis sur leur participation respective dans le futur ensemble. L'opération est il vrai délicate à mettre en œuvre : Entremont (4 180 salariés) travaille avec près de 6 000 producteurs de lait et représente presque un tiers de la production laitière en Bretagne.
De son côté, la coopérative Sodiaal détient notamment les marques Yoplait et Candia. Pour ne rien arranger à la complexité du montage, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) pourrait être intéressé par une prise de participation.
Le temps presse pour le groupe laitier détenu à 63,5% par CNP, la holding d'Albert Frère : affaibli par la chute des cours du lait, Entremont cherche à s'arrimer rapidement à l'un de ses concurrents. Le gouvernement souhaite également que le dossier trouve rapidement une issue favorable.
« Il faut trouver avant la fin de l'année une solution industrielle définitive, qui garantisse l'intérêt des producteurs et des salariés d'Entremont », a déclaré le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire.
Coop de France accuse Lactalis d'exercer des pressions
Or, un trublion nommé Lactalis pourrait bouleverser l'opération. Le groupe propriétaire des marques Président, Galbani et Lactel s'est proposé pour offrir une alternative crédible pour les producteurs de lait, à qui il garantit de racheter leur lait plus cher qu'Entremont.
Mais les producteurs ne voient pas d'un bon œil le projet de Lactalis. Coop de France, qui fédère l'essentiel du mouvement coopératif agricole, l'accuse d'exercer des pressions auprès des pouvoirs publics pour faire capoter le mariage Entremont-Sodiaal.
Pour Coop de France, qui n'hésite pas à affirmer que Lactalis offre « d'importantes promesses financières » aux producteurs vendant leur lait à Entremont, cette attitude « démontre le refus de Lactalis de voir émerger un groupe coopératif concurrent, qui l'empêcherait de dicter unilatéralement ses conditions aux producteurs de lait ».
Luc Morelon, porte-parole de Lactalis, a simplement précisé qu'à ce stade, le numéro un des produits laitiers en France n'a pas déposé d'offre.
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