Antoine Bernheim [Generali], l'homme qui a rendu les autres riches
01/10/2007 | 06:00 « Je les ai tous enrichis et je ne suis même pas devenu riche ! »Voilà ce qu'Antoine Bernheim, toujours patron du premier assureur d'Italie à 83 ans, aime à distiller autour de lui ces derniers temps. Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué au cours de sa longue carrière dans le monde des affaires.
Des fortunes et des futures fortunes,
Antoine Bernheim en a pourtant côtoyé des dizaines. Ancien associé-gérant à la banque d'affaires Lazard à Paris, il a pourtant conseillé le patron et l'actionnaire principal de LVMH,
Bernard Arnault, alors qu'il était en train de bâtir ce qui est devenu le premier groupe mondial de luxe.
De même, il a fait partie des conseils de
François Pinault, grand rival du précédent, en l'aidant à intégrer ce qui est devenu le second « P » de « PPR ». Antoine Bernheim l’a conseillé l'homme d'affaires lors de l'achat du Printemps. François Pinault est, comme Bernard Arnault, l'actionnaire principal d'une entreprise qui n'est pas connue pour ses échecs...
Enfin, et c'est peut-être sa collaboration la plus durable, il fait partie des soutiens indéfectibles de
Vincent Bolloré – et inversement. « Antoine combine deux qualités antinomiques : une intelligence extraordinaire et une grande sensibilité. C'est quelqu'un d'humble, et comme les humbles, il apprécie la reconnaissance », indique le patron du groupe Bolloré. A la banque Lazard, Antoine Bernheim est réputé pour avoir inventé « les poulies bretonnes », que les cascades de holdings de Vincent Bolloré illustrent : ce système permet de contrôler beaucoup d'entreprises en immobilisant relativement peu de capital.
La reconnaissance qu'il n'a pas trouvé en France, Antoine Bernheim est allé la quérir en Italie. Il est aujourd'hui patron de l'assureur Generali, une des toutes premières entreprises du pays. Bien sûr, tout n'a pas été rose et il n'a guère apprécié d'en être débarqué comme un malpropre en 1999. Les actionnaires n'avait-ils pas apprécié que les ventes du groupe aient doublé et que sa valeur en Bourse ait triplé ? Après cet épisode cuisant qui tient en partie à l'animosité de Mediobanca, il parvient cependant à revenir à la tête des Generali, deux ans plus tard. Plus exactement, les administrateurs de l'époque, révoquant son successeur, lui demanderont de revenir. Depuis son retour, les Generali ont dégagé les plus importants profits de leur histoire.
Un pareil homme peut-il prendre sa retraite ?
© Zonebourse.com 2007 / Crédit photo © Maxppp