Antoine Bernheim est sur le départ
05/01/2010 | 11:00 Cela fait trente-quatre ans qu'Antoine Bernheim est administrateur de Generali. Et près de six ans qu'il préside le groupe d'assurances Italien. À 85 ans, le dirigeant s'apprête pourtant à quitter son poste. En avril prochain, Antoine Bernheim devrait céder sa place à un remplaçant qui n'a pas encore été désigné. Un départ qui pourrait conduire à une refonte de l'actuelle stratégie du groupe.
Analystes financiers ou petits actionnaires, ils sont quelques-uns à critiquer la politique menée par le troisième groupe d'assurance européen et à regretter l'influence de son principal actionnaire, Mediobanca, qui détient près de 15% du capital.
Une stratégie qui, selon eux, manque singulièrement d'opportunisme en cette période de crise et aurait nécessité le rachat d'un certain nombre d'actifs.
« Les concurrents ont profité de cette période. Axa, par exemple, est en train de racheter toutes les activités en Asie dont il est actionnaire minoritaire. Allianz, lui, a augmenté sa taille avec l'acquisition d'Hartford (Financial Services Group). Generali n'a racheté que les minoritaires (de son ancienne filiale) Alleanza en Italie », a ainsi confié David Serra (du fonds Algebris), au quotidien La Repubblica.
À Milan, un autre analyste a fait part de critiques comparables, mettant en exergue l'incapacité de Generali à procéder au rachat d'actifs tels que Royal Bank of Scotland, ING, Fortis ou American International Group (AIG) : « Mediobanca veut que Generali se développe seul et ne veut pas que sa participation soit diluée par une augmentation de capital ».
Quoi qu'il en soit, il est probable que la fin du mandat d'Antoine Bernheim modifie sensiblement la donne et conduise à une réorganisation profonde de l'équipe dirigeante, ce qui pourrait émousser l'influence des grands actionnaires.
La désignation d'un nouveau PDG devrait avoir lieu lors de l'assemblée générale du 24 avril prochain.
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