Arnaud Lagardère [Lagardère SCA] appelé à la barre par Dominique de Villepin
23/11/2007 | 06:00 Nouvelle manche dans la partie de « poker menteur » qui oppose Arnaud Lagardère à Dominique de Villepin. L’ex-Premier ministre, mis en examen dans l'affaire Clearstream, a demandé aux juges chargés du dossier d'entendre plusieurs dirigeants d'EADS – dont le « digne » héritier de Jean-Luc Lagardère - sur les moyens très importants dont disposait Jean-Louis Gergorin pour enquêter. « Juste » retour des choses en quelque sorte, puisqu’en octobre dernier, Dominique de Villepin avait refusé de servir de 'bouc émissaire' après avoir été mis en cause par Arnaud Lagardère, niant les accusations portées par celui-ci concernant le dossier EADS. Ultime tacle de l'homme-lige de Jacques Chirac contre le « frère » de Nicolas Sarkozy ?
L'ancien Premier ministre mis en examen fin juillet a indiqué que Jean-Louis Gergorin disposait de moyens très importants pour enquêter sur Clearstream : 3 millions d'euros auraient été versés à un cabinet anglais. Selon ses dires, dans la note transmise aux juges, cette somme serait
« en relation directe avec l'affaire Clearstream ».
Le Figaro a révélé, mercredi 3 octobre, que Dominique de Villepin avait demandé, en conséquence, aux deux juges chargés de l'enquête, Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, de procéder à l'audition d'Arnaud Lagardère, coprésident du conseil d'administration d'EADS, de l'ancien coprésident Philippe Camus, ainsi que de Pierre Leroy, l'ancien secrétaire général du groupe aéronautique, afin de déterminer si cette « caisse noire » a effectivement existé et de savoir dans quelles conditions Jean-Louis Gergorin pouvait disposer de ces sommes.
La décision de procéder à ces auditions doit désormais être prise par les magistrats, qui ne sont pas tenus d'accéder à la demande de Dominique de Villepin. Néanmoins, Le Figaro cite des sources proches du dossier, qui soulignent qu'il sera
« très difficile » pour les juges
« de justifier un refus ».
Pour Dominique de Villepin, l’affaire Clearstream est avant tout la matérialisation de la guerre pour la succession qui sévit à la tête d'EADS et non le fruit d'une manipulation politique. En octobre dernier, l’ex Premier-ministre avait répondu aux déclarations d'Arnaud Lagardère qui avait assuré que son groupe avait informé Matignon dès janvier 2006 de son intention de vendre une part de sa participation au capital d'EADS.
« Matignon a suivi l'opération depuis le début », martelait-t-il dans le JDD. M. de Villepin a dénoncé une volonté d'occulter le fond du dossier en cherchant des 'boucs émissaires faciles lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.
Concédant qu'il avait bien été informé du projet du groupe Lagardère de céder une partie de sa participation dans EADS en février 2006, il a déclaré que l'Etat n'était pas informé du rachat d'une partie de cette part par la CDC. Pour appuyer ses dires, Dominique de Villepin affirme que Matignon a transmis la fameuse note du groupe Lagardère à l'AMF en décembre 2006.
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