Azim Premji, une fortune qui doit servir à son pays
05/05/2010 | 10:00 Le magazine américain Forbes le surnomme le Bill Gates indien. Et pour cause, à la tête d'une fortune de 17 milliards de dollars, Azim Premji ne cache pas qu'il souhaite utiliser son argent pour développer son pays. Sa cible ? La formation des professeurs.
« Même si je devais donner une petite partie de ma fortune à mes enfants, ce serait plus qu'ils ne pourraient digérer en plusieurs vies », a confié Azim Premji, 64 ans, fondateur de Wipro, un géant du logiciel de sous-traitance.
A l'instar de Bill Gates, son argent ne servira en effet pas à faciliter la vie de sa progéniture. Il a de plus hautes ambitions, comme celle d'améliorer l'éducation des jeunes Indiens. Sa philosophie est simple : « Ceux à qui tout a été donné doivent le rendre à ceux qui n'ont rien reçu ».
Pour cela, il a créé une fondation, dont la vocation est d'améliorer les méthodes d'éducation en Inde, en se concentrant sur la formation des professeurs, à travers le financement d'écoles modèles. Selon lui, les établissements qui remplissent cette fonction dans les quelque 600 districts indiens n'ont pas le savoir-faire nécessaire, et gâchent les jeunes talents de son pays.
Bientôt une Azim Premji University
Dans cette optique, une université qui portera son nom sera inaugurée en 2012, à Bangalore. Le choix du terrain et de l'architecte est en cours de finalisation. « Le but est de former des professeurs. Nous souffrons actuellement d'une pénurie de professeurs bien formés », regrette-t-il, convaincu que la condition pour avoir de bons élèves et étudiants est qu'ils reçoivent un bon enseignement. Difficile de le contredire...
L'université ne se contentera pas de former des enseignants, elle sera également destinée aux fonctionnaires et aux agents responsables du développement économique. Ces derniers auront pour mission de retourner ensuite dans les zones rurales et semi-rurales du pays pour transmettre leur savoir.
La fondation de Premji, qui a déjà pris de nombreuses initiatives éducatives à destination de 50 millions d'enfants, a pour cela tissé des liens avec cinq universités américaines, de manière à acquérir technologies et savoir-faire. Des professeurs américains seront notamment recrutés pour préparer et donner des cours. L'objectif final est que le développement de l'Inde ne soit pas galvaudé par le manque de compétence de ses enseignants.
Azim Premji estime que la tradition philanthropique, si répandue à l'Ouest, finira par se développer en Inde.
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