Le groupe d'Azim Premji visé par la nouvelle loi américaine sur les visas
23/08/2010 | 07:00 L'administration américaine a décidé de rendre plus chère l'obtention du visa pour venir travailler sur son sol. Ce sont les travailleurs au fort potentiel qui sont visés, et notamment les Indiens employés dans l'outsourcing informatique. C'est justement le métier de Wipro, le groupe du milliardaire Azim Premji, qui avait d'ailleurs pris les devants.
Juste avant de partir en vacances, les sénateurs américains ont fait passer une loi beaucoup plus restrictive pour les travailleurs étrangers. Les entreprises implantées outre-Atlantique devront verser quelques milliers de dollars supplémentaires pour obtenir un visa pour leurs salariés non-américains les plus qualifiés.
La mesure s'appliquera à tous les groupes faisant travailler plus de la moitié de travailleurs étrangers aux Etats-Unis. Bien ciblée, elle ne concernera donc pas des géants comme Microsoft ou Intel, qui, s'ils emploient des étrangers, n'atteignent pas cette proportion.
Le coût supplémentaire pour les entreprises indiennes, particulièrement visées par cette loi, est estimé entre 200 et 250 millions de dollars. Tous les géants de la sous-traitance, de Wipro, le groupe d'
Azim Premji, à Infosys, en passant par Tata Consultancy Services, sont concernés. Du coup, une action de lobbying est envisagée pour assouplir ces nouvelles contraintes réglementaires et financières.
Premji l'avait annoncé
Cela fait longtemps que les groupes indiens, qui envoient des milliers de travailleurs qualifiés chaque année sur le sol américain, craignaient un tel dispositif. L'année dernière,
Azim Premji s'est d'ailleurs rendu à la Maison Blanche pour plaider la cause des entreprises indiennes, particulièrement offensives outre-Atlantique, et qui, selon Washington, pénalisent l'emploi local.
Récemment, dans un entretien à CNBC, le milliardaire indien avait ainsi pointé la poussée de protectionnisme dans les pays riches. « Le problème avec les pays développés est qu'ils adorent la libéralisation pourvu qu'elle ne les affecte pas », précise
Azim Premji. Illustration de ce protectionnisme, la réticence à délivrer des visas aux travailleurs étrangers, même qualifiés.
Pour contourner cet obstacle, Wipro emploie de plus en plus de salariés locaux. « L'année prochaine, 50% de nos effectifs à l'étranger seront issus des pays dans lesquels ils sont nés », assure Premji. Cela permettrait opportunément de court-circuiter la nouvelle loi sur les visas…
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