Bernard Arnault rappelle son ancien conseiller à ses côtés
09/11/2009 | 06:00 Le président de LVMH ressentait-il le besoin d'être épaulé ? Trois ans après avoir quitté le groupe de luxe, sur demande de Nicolas Sarkozy pour le conseiller dans les dossiers judiciaires, Patrick Ouart va réintégrer LVMH au poste qui était le sien à l'époque.
Le 14 octobre dernier, la commission de déontologie a auditionné Patrick Ouart pour s'assurer que son départ chez LVMH ne poserait pas de risques de conflits d'intérêts entre l'État et le groupe de luxe. La commission a rendu « un avis positif sans réserves ».
À l'Élysée, on assure qu'il était prévu que la mission de l'ancien « Garde des Seaux bis » « ne couvre pas la totalité du quinquennat ». À mi-mandat, Patrick Ouart va redevenir conseiller de Bernard Arnault, un poste qu'il avait occupé entre 2004 et 2007.
Âgé de 50 ans, ce magistrat de formation a débuté sa carrière comme juge au tribunal de grande instance de Lille (1982-1986), avant de devenir brièvement secrétaire général de la Mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie.
En 1986, il intègre le cabinet d'Albin Chalandon, le ministre de la Justice de l'époque. Il entre au cabinet d'Édouard Balladur en 1993, où il se rapproche d'un certain Nicolas Sarkozy.
Fossoyeur du juge d'instruction
Patrick Ouart passe dans le privé en 1998, où il est nommé secrétaire général de Suez Lyonnaise des Eaux, un poste qu'il occupera jusqu'en 2004. C'est cette année là qu'il rejoint LVMH, dont il intègre le comité exécutif en marge de son rôle de conseiller de Bernard Arnault.
Le 6 mai 2007, au soir de son élection, Nicolas Sarkozy l'appelle pour lui proposer le poste de conseiller pour les affaires judiciaires. Membre du cercle rapproché du chef de l'État, l'ancien magistrat est présent aux fameuses réunions organisées chaque matin au Salon vert de l'Élysée, aux côtés des autres hommes de confiance du président (Raymond Soubie, Henri Guaino, Claude Guéant, ...).
Homme discret, Patrick Ouart s'est fait connaître du grand public lors de sa difficile cohabitation avec l'ex-ministre de la Justice, Rachida Dati. On lui doit notamment le discours de janvier 2009, où Nicolas Sarkozy scella le sort des juges d'instruction.
Mis en examen en 2004
Seule ombre au tableau, son implication dans l'affaire dite de « l'Electragate ». Alors qu'il occupe le poste de secrétaire général de Suez, un mouchard est découvert sur l'ordinateur d'un cadre d'Electrabel, filiale de Suez.
Une enquête démontrera que Suez a commandité des intrusions informatiques afin de surveiller ce cadre, soupçonné de travailler en sous-marin pour un concurrent.
Mis en examen en 2004 pour avoir recruté trois personnes chargées d'espionner l'employé indélicat, Patrick Ouart bénéficiera finalement du classement de l'affaire.
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