France-La "Madoff" du Loiret arrêtée
27/12/2011 | 18:20
Une ancienne
employée de banque soupçonnée d'avoir monté une escroquerie
pyramidale portant sur deux à trois millions d'euros a été
interpellée à son domicile, près de Chinon (Indre-et-Loire), et
présentée mardi à la justice.
Il s'agirait, selon le quotidien La Nouvelle République qui
a révélé l'affaire, d'une femme qui, après avoir été licenciée
par sa banque, s'est reconvertie dans le conseil en placements
avec des rendements pouvant atteindre 10% par an.
Les premières victimes auraient perçu leurs intérêts grâce à
l'argent déposé par les victimes suivantes, sur le mode des
escroqueries pyramidales dont l'Américain Bernard Madoff a été
l'une des images emblématiques.
Le magistrat en charge du dossier a confié l'assistance aux
victimes à l'antenne départementale de l'Association d'aide aux
victimes d'infractions pénales (Adavip).
"Nous recensons, pour l'heure, une quarantaine de dépôts de
plaintes", a indiqué à Reuters Marie-Paule Carrey, la directrice
de l'Adavip d'Indre-et-Loire. "Compte tenu des sommes avancées
et de la médiatisation de l'affaire, nous nous attendons à ce
que d'autres victimes se fassent connaître. Il s'agit là d'une
affaire remarquable de par son ampleur."
L'association a pour vocation la coordination des victimes.
Elle met à leur disposition toutes les informations liées à la
procédure, ainsi qu'une assistance juridique.
"Nous avons également mis en place une structure de soutien
psychologique, car bon nombre de victimes étaient des proches de
cette dame", précise la directrice de l'association. "S'il
s'était agi d'une inconnue, les choses auraient peut-être été
moins traumatisantes pour eux."
Certaines victimes de l'escroquerie ont versé jusqu'à
200.000 euros à cette quinquagénaire, par ailleurs ancienne
conseillère municipale, rapporte un proche du dossier.
"Parfois, des personnes nous demandent si elles sont
victimes alors qu'elles ont versé à cette dame des sommes
conséquentes", explique Marie-Paule Carrey. "Nous allons nous
atteler à suivre et assister ces gens traumatisés sur le moyen,
voire le long terme."
L'Adavip d'Indre-et-Loire traite entre 3.000 et 3.500
affaires d'escroqueries chaque année.
(Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse)