Bernard Tapie rattrapé par son passé de PDG de l'OM
02/11/2009 | 16:00 Le récent vainqueur du procès contre le Crédit Lyonnais dans l'affaire Adidas est désormais en mesure de régler ses dettes. Bernard Tapie va donc sans doute devoir rembourser un peu plus 1,3 million d'euros au Crédit Municipal de Marseille, pour deux prêts accordés à l'Olympique de Marseille au tout début des années 90.
A deux reprises, en 1989 et 1991, alors qu'il était patron de l'OM, Bernard Tapie s'était porté caution personnelle pour obtenir deux prêts auprès du Crédit Municipal de Marseille. Suite au placement en redressement judiciaire du club de football, seule une centaine de milliers de francs avait pu être récupérée par l'organisme financier.
Celui-ci n'avait pas été en mesure de faire jouer les clauses du protocole signé avec l'homme d'affaire, compte tenu de ses multiples difficultés d'alors. L'ancien Ministre de la Ville de Pierre Bérégovoy était condamné au sujet des comptes de l'OM ; en 1995, ses sociétés étaient mises en faillite, et lui-même se trouvait en liquidation judiciaire.
Autant dire que la solvabilité de Bernard Tapie s'en trouva fortement compromise.
Très certainement confiant dans les facultés d'adaptation et les capacités à rebondir de l'auteur-acteur-chanteur, le Crédit Municipal avait toutefois fait inscrire la créance auprès des mandataires sociaux.
Bien lui en prit. Car les 180 millions d'euros obtenus au terme d'un arbitrage avec le Consortium de Réalisation (organisme public chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais) ont rendu « Nanard » à nouveau solvable.
Alain Galissard, l'avocat de la banque marseillaise, a obtenu du tribunal de commerce de Paris une ordonnance imposant au liquidateur de Bernard Tapie le remboursement des prêts.
Jeanine Imbert, présidente du Crédit Municipal, s'est dite « très contente de faire rentrer cet argent public dans les caisses du Crédit municipal, dont la mission est d'aider les personnes en difficulté. Bernard Tapie est solvable, il n'y a pas de raison qu'il ne rembourse pas ».
Reste à savoir si le nouvel actionnaire du Club Med sera dans les mêmes dispositions. Car Me Maurice Lantourne, son avocat, évoquait des différences d'écritures dans les notes manuscrites signées par Bernard Tapie au bas des offres de crédit.
Est-ce à dire qu'une plainte pourrait être déposée ?
Affaire à suivre.
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