France-Demande d'enquête sur le rachat de GHM par Tapie
24/12/2012| 09:55

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Le député socialiste Patrick
Menucci, candidat potentiel à la mairie de Marseille, demande
une enquête parlementaire pour déterminer si Bernard Tapie a
acquis dans des conditions loyales les journaux du groupe
Hersant dans le sud de la France.
Malgré ses dénégations, l'homme d'affaires et ancien
président de l'Olympique de Marseille est soupçonné de vouloir
se servir de ces titres, et notamment de La Provence, principal
quotidien de la cité phocéenne, pour revenir en politique à
l'occasion des municipales de 2014. (voir )
Pour Patrick Menucci, qui a dit la semaine dernière, dès
l'annonce du rachat, que l'homme d'affaires avait toujours rêvé
d'être maire de Marseille", les conditions de l'opération ne
sont pas claires et les parlementaires doivent les étudier.
"Je dis qu'il y (a) une odeur de carambouille dans cette
affaire", a-t-il dit lundi sur i-télé.
Il rappelle que les banques vont abandonner une créance de
165 millions d'euros sur Groupe Hersant médias (GHM) en échange
d'une offre conjointe de 50 millions d'euros par Bernard Tapie
et Philippe Hersant pour reprendre les journaux du sud de GHM,
dont les très rentables Corse-Matin et Nice-Matin.
Les groupes qui ont fait des offres concurrentes, dont le
belge Rossel, auraient selon lui été désavantagés, Bernard Tapie
ayant pu disposer "d'informations privilégiées".
"D'après ce que disent ces groupes, il n'ont pas eu accès à
beaucoup de documents et donc ça me semble aussi un élément que
l'Assemblée nationale doit vérifier parce qu'elle est comptable
aussi de la liberté de commerce", a ajouté le député.
Patrick Menucci affirme que sa demande a reçu un "accueil
positif" du président du groupe socialiste à l'Assemblée
nationale et rappelé que chaque groupe avait le droit d'obtenir
la création de telles commissions d'enquête parlementaire.
Selon Bernard Tapie, le ministre du Redressement productif
Arnaud Montebourg a essayé de bloquer le rachat des journaux du
groupe Hersant médias (GHM), ce qui est nié par l'exécutif.
Dans le Journal du dimanche, l'homme d'affaires explique que
le dirigeant du groupe de presse belge Rossel lui a dit que la
pression avait bien existé et qu'il l'avait enregistrée.
L'ancien ministre de François Mitterrand a répété dans de
nombreux médias depuis vendredi qu'il n'avait plus d'ambitions
politiques et qu'il avait tourné la page.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est réjoui samedi
que les journaux de GHM continuent d'exister.
"Il y avait le risque de voir disparaître des titres de
journaux", a-t-il dit à des journalistes. "Il est très difficile
de retrouver un repreneur. Ce qui est important, c'est que ces
journaux puissent continuer à exister."
(Yves Clarisse)
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