Bill Miller fustige la spéculation sur les matières premières
28/04/2011 | 16:00 Le patron du fonds Legg Mason Value Trust va à contre-courant d’une stratégie d’investissement communément considérée comme avisée. Selon lui, acheter des matières premières est pourtant une fausse bonne idée. Le secteur, affligé par des prix de plus en plus hauts, va finir par constituer une bulle spéculative et se retourner contre ses partisans. Bill Miller prône à l’inverse un retour au classicisme et appelle à se porter sur les actions des grandes entreprises, délaissées sans véritable raison.
Bill Miller est réputé pour ses vues avisées sur le marché. Sa sortie sur la vogue actuelle pour les matières premières ne passe donc pas inaperçue. Il assure que ceux qui parient sur les commodities sont aveuglés par l’envolée des prix du secteur. Les matières agricoles et les énergies seraient donc « surévaluées ». Il estime ainsi qu’à force de parier sur ces valeurs, les investisseurs vont finir par tuer la poule aux œufs d’or. Les oreilles d’un autre de nos barons,
Jim Rogers, fervent amateur de matières premières, doivent siffler...
Au pétrole et au blé, il dit préférer les actions des grandes entreprises (mega-caps), et constate que ces dernières sont bizarrement négligées. Il les compare à un « stade vide », alors que dans le même temps tous les investisseurs se précipitent sans discernement sur l’énergie, les matières premières agricoles, ainsi que sur les petites et moyennes valeurs. Sur le même modèle que la bulle des valeurs technologiques en 2000,
Bill Miller annonce à cet égard la formation d’une bulle spéculative dans les commodities, qui explosera à la figure de ceux qui ont tout misé sur elles.
Il souligne notamment : « Je ne sais pas tout, mais eux non plus manifestement. Ce que je sais c’est que le prix de ces actifs est très élevé, portés qu’ils sont par un élan et des croyances, mais pas par beaucoup de valeur ».
Bill Miller estime que les prix des matières premières ont atteint par le passé un niveau qui reflétait leur valeur réelle. Aujourd’hui, ce « juste prix » serait largement dépassé.
Certains seraient peut-être bien avisés de l’écouter. Après tout, son fonds, Legg Mason Value Trust, n’a dépassé le rendement de l’indice S&P 500 que pendant 15 années consécutives (1991-2005)...
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