Carl Icahn et Donald Trump s'affrontent à Atlantic City
21/12/2009 | 11:00 Carl Icahn entame une joute musclée avec Donald Trump. Et quand deux milliardaires s'affrontent, on peut s'attendre à un combat titanesque. D'une part, Carl Icahn, 73 ans, 43ème fortune mondiale et 9 milliards de dollars en banque. À ses côtés, Andy Beal, surnommé par Forbes "le banquier qui dit non". D'autre part, un homme seul (ou presque), "The Donald" Trump, amaigri à seulement 1,6 milliard. Le trophée : l'enfer du jeu d'Atlantic City.
Carl Icahn a repris auprès de la banque Beal la plus grosse part de la dette obligataire de Trump Entertainment, société gérante de trois casinos majeurs d'Atlantic City, le Taj Mahal, le Plaza et le Marina. Andy Beal, patron de la banque éponyme, conserve pour sa part la dette hypothécaire du groupe. En ligne de mire, la reprise du capital de Trump Entertainment.
Icahn et Beal affichent leur entente et annoncent la couleur : ils poursuivront la démarche entamée par Beal Bank en défendant le plan de restructuration présenté devant la commission des faillites. Car, pour la troisième fois, Trump Entertainment a demandé en février dernier à être placé sous la protection de la loi contre les faillites.
Andy Beal est sûr qu'avec l'appui d'Icahn, il parviendra à ses fins : "nous nous sommes alliés à Carl Icahn pour capitaliser sur son immense expérience aussi bien dans le secteur du jeu que dans la reprise d'entreprises en difficultés".
Icahn affiche sa confiance et sa détermination
L'homme le scande haut et fort : "malgré les difficultés actuelles que connaît Atlantic City, je persiste dans ma foi en l'avenir de la ville. J'ai réussi à plusieurs reprises dans le passé à gérer et restructurer des entreprises du secteur du jeu qui étaient en difficulté, y compris des sociétés en faillite, qui m'ont permis de constituer le groupe American Casino & Entertainment".
Et il peut en être plus que satisfait : il a revendu l'ensemble en 2008, empochant au passage un milliard de dollars de plus-value. Icahn est en outre impliqué actuellement dans la restructuration du Tropicana et du Fontainebleau à Las Vegas.
Changement d'alliances
En face Donald Trump a concocté un plan alternatif avec un groupe de créanciers obligataires, mené par Marc Lasry, patron du fonds Avenue Capital. Trump a également le soutien de sa fille, Ivanka, détentrice d'une partie du capital.
Selon le New York Post (12/12), l'affaire pourrait avoir un aspect plus personnel. Trump et Beal ont longtemps été sur la même longueur d'onde. Mais après une brouille survenue entre les deux hommes cet automne, Donald Trump s'est tourné vers Lasry.
Pour Carl Icahn, qui proclame que le projet de Beal laissera la firme libre de tout endettement, estime en revanche que le plan alternatif soutenu par Trump revient à jouer l'avenir de la compagnie "sur un coup de dé".
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