Carl Icahn face à la rébellion de Lions Gate
30/04/2009 | 11:00 Nous voici en présence du cinquième volet de ce qui pourrait bien être le feuilleton de l'été : la lutte feutrée - et néanmoins féroce - entre Carl Icahn et Lions Gate. Cette fois-ci, c'est Lions Gate qui porte une contre-attaque convaincante. Quelle sera la réponse du vieux lion de la finance ? La suite au prochain épisode...
Manœuvre in extremis
La direction Lions Gate est décidément peu amène vis-à-vis de Carl Icahn. Les patrons du studio de production de Santa Monica ont contacté deux de leurs principaux créanciers obligataires pour signer un accord avec eux, juste avant l'expiration de l'offre de Carl Icahn.
Celui-ci a effectivement lancé une offre pour reprendre la dette obligataire convertible de Lions Gate, avec en ligne de mire le contrôle du conseil d'administration.
Les deux détenteurs d'obligations convertibles, dont l'identité n'a pas été révélée, ont accepté de revoir les conditions de leurs titres à long terme, dotés d'un coupon de 3,625%. La dette obligataire liée à ces titres ne sera désormais remboursable que d'ici 2015, au lieu de 2012. En échange, les créanciers bénéficient d'un prix d'exercice (de conversion) abaissé à 8,25 dollars au lieu de 14,28 dollars.
En outre, les deux personnages mystérieux se sont engagés à ne pas céder à Carl Icahn leurs emprunts obligataires à 2,937%, qui s'élèvent à 24 millions de dollars.
Cordon sanitaire
Au total, Lions Gate est parvenu à s'assurer que 28% de sa dette échappera de manière certaine à Carl Icahn. En outre, en repoussant l'échéance de sa dette, Lions Gate se donne un peu d'oxygène à court terme.
Si l'identité des deux détenteurs n'est pas connue, la presse ne peut s'empêcher d'évoquer un suspect : John Kornitzer, qui détient pour 90 millions de dollars d'obligations Lions Gate et a déclaré récemment que jamais il ne cèderait le moindre titre à Carl Icahn.
La course au fauteuil
Mais que cherche au juste Carl Icahn à travers son offre ? Déjà en possession de 14,5 % du capital de Lions Gate, l'obtention de nouvelles obligations convertibles lui permettrait de monter en puissance.
Mais il ne doit pas dépasser la ligne rouge. Une disposition du crédit revolving de Lions Gate implique un remboursement anticipé, à 10% d'intérêt, au cas où un actionnaire dépasserait les 20% du capital. Dans cette mesure, on voit mal comment Carl Icahn pourrait vouloir s'emparer d'une entreprise dont la viabilité serait menacée... par sa propre montée au capital.
Au final, c'est plus dans une perspective de lutte de pouvoir que Carl Icahn poursuit son offensive. Il ne convertirait pas ses obligations en actions mais, les ayant en poche, il serait en mesure d'imposer ses vues - et tout d'abord sa présence - au conseil d'administration.
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