Donald Trump se trompe-t-il énormément ?
19/05/2009 | 16:00 Donald Trump, touche-à-tout génial, aurait peut-être dû s'épargner une procédure juridique qui pourrait écorner quelque peu son image. Défendant le montant de sa fortune, il s'est lancé dans une procédure qui semble se retourner contre lui. Certes, le magnat n'est pas un expert en comptabilité. Certes, sa maîtrise des nouvelles technologies semble limitée. Mais rappelons tout de même que sa fortune reste estimée à 1,6 milliard de dollars par Forbes !
Le procès de trop ?
Le procès qui se tient actuellement à la cour de justice de Camden (New Jersey) pourrait figurer en bonne place dans une anthologie du surréalisme. Donald Trump a intenté un procès au journaliste Thimothy O'Brien et à son éditeur Warner Books pour le livre « TrumpNation : The Art of Being The Donald ».
Dans cet ouvrage, O'Brien citait des sources proches de l'homme d'affaires qui affirmaient que sa richesse nette n'excédait pas les 250 millions de dollars. Très loin donc de l'estimation que l'intéressé faisait de sa propre fortune : pas moins de 6 milliards de dollars. Trump étayait sa thèse en l'appuyant sur les déclarations légales publiées pour ses affaires en 2007.
Mais Donald donnerait-il dans la galéjade ?
Contradictions et bégaiements
Sur 2004-2005, tout en se glorifiant d'une richesse personnelle de 6 milliards de dollars, il déclarait à ses banquiers et aux responsables de l'administration des casinos dans le New Jersey, une fortune de 3,6 milliards.
Pour se défendre sous la pression des avocats de la partie adverse, Donald Trump a expliqué que cette somme de 3,6 milliards n'incluait pas la valeur de sa marque « Trump » qui, selon lui, « serait très, très élevée ».
Combien vaut-elle il aujourd'hui ? Il conserve le montant de sa fortune sur un document caché près de lui, dans un tiroir de son bureau. Mais il consent à dire que sa richesse actuelle s'élèverait à 5 milliards, hors la valeur de la marque.
Face à ces imprécisions, autant dire que les avocats n'ont pas hésité à enfoncer le clou.
En novembre 2007, Mr Trump affirmait au Wall Street Journal qu'il avait déjà vendu ses 1 282 lots de l'ensemble immobilier Trump International Hotel and Tower, lancé à Las Vegas avec le magnat des jeux Phil Ruffin. Un mois plus tard, il déclarait officiellement posséder encore 900 lots.
Aurait-il donc menti, s'interroge l'avocat ?
Que nenni répond notre Donald, qui explique qu'il conserve ces lots comme un investissement, précisant « je suis aussi un acheteur, essentiellement ».
Donald sur le grill
Bon, admettons. Mais, questionne l'avocat, à quel prix ont été vendus les lots ?
À 1 300 dollars le « pied-carré » (soit un dixième de mètre carré environ) en « moyenne », selon les dires de Donald Trump répétés plusieurs fois aux journalistes qui l'interrogeraient.
Le Wall Street Journal, en l'occurrence peu tendre avec l'homme d'affaires, reproduit les hésitations, voire les bégaiements de sa réponse, où il explique qu'il a cédé « certains de ces lots » à ce prix là « en moyenne ».
La question suivante tombe alors comme un camouflet : « Comprenez-vous le concept de "moyenne", Mr. Trump ? »...
Questions pour un champion
Et le pilonnage en règle continue... Donald Trump admet facilement ne pas bien connaître la comptabilité. Mais après tout, ses comptables sont là pour ça, ajoute-t-il.
Quant à la Trump Tower, sur la 5ème avenue de Manhattan, elle dégagerait un revenu opérationnel de 4 millions de dollars. Mais si Donald Trump confesse ne pas savoir calculer un tel indicateur, il rappelle qu'il occupe deux étages et demi du bâtiment sans payer de loyer, un fait qui doit être inclus dans le calcul du revenu.
Enfin, les avocats ont perfidement demandé à Donald Trump s'il possédait un ordinateur. Ni ordinateur, ni PDA a répondu l'homme. Du papier et un stylo suffisent à son bonheur. Envoie-t-il tout de même un email de temps en temps ? Réponse du candide Donald : « Non, je ne fais pas ce truc "d'email" »...
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