Ernest-Antoine Seillière [Wendel Investissement] inquiet du niveau atteint par l'euro
12/11/2007 | 06:00 Ancien patron du Medef et actuel dirigeant de la société de portefeuille Wendel Investissement, Ernest-Antoine Seillière n'a pas tout à fait rompu avec le syndicalisme patronal. La preuve : il est toujours président du Medef européen qu'est BusinessEurope, anciennement connu sous le nom d'Unice. Et il est inquiet : « quand nous voyons le niveau de l'euro face au dollar aujourd'hui, nous pensons que la réaction politique des Européens va s'amplifier » a-t-il déclaré à Bruxelles.
« EAS » s'était souvent inquiété de la progression de la monnaie unique européenne lorsqu'il siégeait au Medef. Car la tendance est longue : depuis cinq ans, l'euro a progressé de 50% contre le dollar américain. Et depuis ces dernières semaines, alors que la crise des « subprimes » semble menacer les croissances européenne et américaine, le dollar est repris d'un vif accès de faiblesse. Il touche un nouveau record face au billet vert pratiquement tous les jours. Vendredi, c'était 1,4753$ l'euro, en hausse de 45% sur cinq ans.
Ernest-Antoine Seillière a également déclaré : « la question des taux de change est en train de devenir un problème politique ». En effet, l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro a dernièrement attaqué la sous-évaluation du yuan chinois.
Selon Ernest-Antoine Seillière, « le rythme de progression de l'euro et son niveau ont maintenant un effet » sur les comptes des entreprises européennes, qui selon lui n'ont pas eu le temps de s'y adapter. L'avionneur Airbus vient ainsi de renforcer son plan de restructuration Power8, en partie à cause du nouveau dérapage du dollar. Son patron, Louis Gallois, estime que les changes constituent une « une épée de Damoclès sur la tête. Parce que chaque fois que le dollar perd 10 centimes, nous perdons à terme plus d'un milliard d'euros. C'est une situation insupportable ».
Evoquant des « perspectives (...) considérablement affectées depuis l'été », BusinessEurope a appelé la Banque centrale européenne à maintenir ses aux à 4% et à « rester pragmatique ».
Discret, EAS était du voyage de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, lors duquel le président français a abordé la question des changes devant les officiels américains.
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