Le mandat d'Ernest-Antoine Seillière sera-t-il renouvelé ?
27/05/2009 | 06:00 Au regard des pièces versées il y a un mois au dossier de l'instruction, suite à une plainte déposée pour abus de biens sociaux et recel par l'une des héritières du groupe Wendel, la question mérite d'être posée. Lors de l'Assemblée générale des actionnaires qui se déroulera en juin prochain, Ernest Antoine Seillière pourrait bien perdre sa place de président du conseil de surveillance du groupe d'investissement.
C'était il y a un près d'un an ; le 5 juin 2008, Sophie Boegner, administratrice de la SLPS (Société lorraine de participations sidérurgiques), le holding qui contrôle 34% de Wendel, déposait plainte contre X pour abus de biens sociaux et recel.
En cause, le montage financier ayant permis à quelques dirigeants de la société d'investissement, au premier rang desquels le baron Seillière, de s'octroyer l'équivalent de 70 millions d'euros en actions Wendel, cotées plus de 340 millions à l'époque.
La note jointe au dossier par Patrick Maisonneuve, l'avocat de Sophie Boegner, et dont le Journal du Dimanche (24/05) s'est fait l'écho récemment, pointe plusieurs éléments troublants.
Premièrement, l'opération ayant conduit les dirigeants mis en cause à acquérir, en 2007, cinq fois plus de titres que ne l'autorisait l'assemblée générale de juin 2004, était-elle légitime ?
Deuxièmement, les 2,54 millions de titres ont pu être achetés moyennant une ristourne d'une trentaine de millions d'euros : pourquoi une telle différence ?
Assemblées générales à hauts risques pour l'ancien patron du Medef
Cessibles avec une décote d'environ 50% lors d'une transaction familiale, les actions Wendel récupérées par les dirigeants représentent au final le double. Y-a-t-il eu favoritisme par rapport aux actionnaires de la famille ?
Ensuite, la manœuvre a-t-elle été approuvée par les 950 héritiers de Wendel ? Dans un rapport daté du 30 juin 2008, le Parquet de Paris précise que si convention il y a eu, « elle aurait dû faire l'objet d'une approbation préalable du Conseil d'administration ».
Enfin, la question de l'information de ces mêmes actionnaires se pose. Elle n'aurait été donnée qu'une semaine après que les titres aient été effectivement échangés, lors d'un conseil où aucun des administrateurs n'était présent.
Dans un courrier adressé au président de la SLPS, l'ancien patron du Medef « constate et déplore qu'une fois de plus les mêmes contrevérités (soient) publiquement énoncées ».
Les assemblées générales de SLPS et de Wendel se tiendront à quelques jours d'intervalles d'ici une dizaine de jours.
Rendez-vous est donc pris pour début juin.
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