François-Henri Pinault [PPR] optimiste pour les comptes 2008
11/01/2008 | 12:48 Tous les secteurs d'activités ne sont pas égaux devant une conjoncture dégradée. D'ailleurs, la croissance ralentit en Occident et continue de croître en Extrême Orient. Cela tombe bien, car le marché du luxe prend ses marques en Asie, avec des clients très sensibles aux marques. Pas étonnant dans ces conditions que PPR soit sur une croissance supérieure à celle prévue pour son marché au niveau mondial, estimée aux environs de 7% pour cette année. Le groupe français a fait savoir, mercredi 9 janvier, qu'il mise sur une progression « significative » de ses résultats en 2007. Pour cette année, il se dit confiant, malgré le ralentissement de la croissance américaine.
« En 2008, nous améliorerons encore nos performances (...) Le ralentissement de l'économie américaine aura un impact, mais qui ne remet pas en cause les perspectives d'amélioration des performances du groupe », a déclaré
François-Henri Pinault, PDG du groupe de distribution et de luxe, lors d'une interview.
« Nous avons des atouts, car nous sommes, dans la distribution, sur des segments qui ont des potentiels plus importants que la grande consommation en général et, dans le luxe, sur un secteur qui est structurellement en croissance », a-t-il même affirmé.
Confronté à une forte baisse du cours de
Bourse depuis novembre, qui s'est brutalement accélérée début janvier avec les avertissements lancés par les distributeurs britanniques DSG International et Next, le PDG de
PPR estime qu'il n'y a
« aucun lien de rationalité » entre la réalité des performances du groupe et l'aversion au risque d'investisseurs inquiets de l'effet d'un ralentissement de la croissance économique sur la consommation.
Mieux que le marché
Dans le luxe, PPR estime qu'il
« fera mieux que le marché », grâce notamment à son portefeuille de marques et à un important programme d'ouvertures de magasins. La baisse du dollar n'a pas eu d'impact
« significatif » sur les performances du secteur aux Etats-Unis et la faiblesse de la devise américaine a provoqué un flux touristique massif, venu nourrir les ventes de PPR outre-Atlantique, a-t-il indiqué.
Pourtant face à la flambée de l'euro par rapport au dollar, la plupart des groupes de luxe européens craignent désormais que leurs perspectives de croissance ne soient freinées par un tel phénomène. Certains experts estiment même que les maisons pourraient avoir recours à la délocalisation.
Dans la distribution, François-Henri Pinault s'est aussi voulu rassurant, tant pour l'évolution de la croissance de PPR en Europe qu'aux Etats-Unis, grâce à des segments de marché ciblés, des enseignes ou des marques fortes (Puma) ou des modèles de distribution uniques (la Fnac).
Acquisitions en stand by, sauf ‘affaire du siècle’
Interrogé sur la politique d'acquisition du groupe, il a rappelé que PPR était engagé depuis 2005 dans un modèle de développement surtout tiré par la croissance organique. « PPR est aujourd'hui capable de délivrer des taux de croissance significatifs sur une longue période sans avoir à faire d'acquisitions. Cela ne veut pas dire qu'on n'en fera pas », a-t-il tempéré.
Il a cependant indiqué que le groupe était encore un acteur
« modeste » dans l'horlogerie, la bijouterie et la joaillerie et serait prêt à saisir une opportunité
« dans des conditions raisonnables ».
Interrogé sur Clarins, lorgné selon la presse par PPR, François-Henri Pinault a répondu :
« s'il y avait eu quelque chose, nous aurions communiqué. Si l'AMF (Autorité des marchés financiers) ne nous a rien demandé, c'est que cela n'était pas nécessaire ».
Ces objectifs ambitieux n’empêchent tout de même pas François Pinault d’avoir une vie privée, aussi discrète soit-elle. Cerise sur le gâteau, la nouvelle série de TF1, « Ugly Betty » dont la productrice n’est autre que Salma Hayek - la maman d’un nouveau né qui répond au doux nom de Valentina Paloma Pinault – semble être du goût des spectateurs.
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