George Soros demande à la France de "cesser les expulsions massives de Roms"
26/08/2010 | 10:00 Alors que le gouvernement français n'en finit pas de durcir la politique d'immigration, George Soros a exprimé dans une lettre ouverte son inquiétude vis-à-vis de cette sévérité. Président d'une fondation impliquée dans le soutien aux populations Roms d'Europe de l'Est, l'Open Society Foundation, le milliardaire américain a appelé l'Union européenne à "adopter un vaste plan sur l'inclusion".
Le communiqué de presse de
George Soros fait écho à celui de Matignon diffusé mardi. Au sein de celui-ci, le gouvernement insiste sur "La nécessité d'agir avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès". Le premier Ministre annonce également qu'il compte saisir la Commission européenne "Afin de coordonner les actions engagées pour mettre fin aux occupations illégales de terrains et reconduire dans leur pays d'origine les Roms en situation irrégulière ou souhaitant bénéficier d'une aide humanitaire au retour".
George Soros s'inquiète de ce qu'il considère comme une dérive et demande explicitement au gouvernement français de "cesser les expulsions massives de Roms". Selon ses termes, "Les expulsions de Roms effectuées en ce moment par la France risquent de violer le droit français et européen" dans la mesure où "Des hommes, femmes et enfants en Europe ne peuvent pas être renvoyés en raison de leur origine ethnique sans procès pour déterminer s'ils ont ou non commis des crimes".
Que dit concrètement la loi française ? Les ressortissants roumains et bulgares peuvent rester en France durant trois mois sans avoir à justifier d'une activité. Au-delà, ils doivent avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes, et avoir une assurance maladie. L'expulsion de Roms qui sont en France depuis moins de trois mois est uniquement justifiée en cas de trouble à l'ordre public ou "charge déraisonnable pour le système d'assistance sociale".
Prévue par le traité de Rome, la libre circulation des personnes dans l'Union européenne permet ainsi aux Roms de revenir en France après leur expulsion. Eric Besson a donc assuré vouloir "adapter la législation pour lutter contre l'abus de droit au court séjour", afin d'empêcher le retour vers la France des Roms expulsés. Mais la Commission européenne veille à ce que la France respecte les règles concernant la liberté de circulation des citoyens européens.
George Soros concède un point positif à la politique actuelle. Selon lui, la France "a raison d'appeler les pays d'origine à appliquer des mesures améliorant l'accès à l'emploi, l'éducation, les soins de santé et le logement. Mais l'ampleur des problèmes exige un plan global et efficace pour l'intégration des Roms au niveau de l'UE".
© Zonebourse.com 2010 / Crédit photo © Maxppp