Gérard Mulliez et les siens restent les plus riches de France
10/07/2009 | 18:00 Gérard Mulliez - et sa famille - arrivent pour la deuxième année consécutive au sommet des 500 premières fortunes de France. Le classement annuel de Challenges révèle bien des heurts et bien des tracas pour ces culturistes du compte en banque. Dans bien des cas, c'est l'endettement qui est cause de tous les malheurs. La chute des marchés financiers, la difficulté à lever des fonds, ont mis à mal les adeptes de l'effet de levier. Challenges débute d'ailleurs son article en nous comptant les déboires de Romain Zaleski, symptomatique de ce réchauffement climatique qui a fait fondre la richesse des plus aisés.
Ils sont un peu moins riches
Les temps sont durs pour les grandes fortunes françaises. En 2008, sous la bourrasque de la crise financière, les personnalités les plus riches de France on vu s'envoler plus du quart de leur fortune.
Le classement des 500 plus grandes fortunes de France nous révèle en outre que l'accès à cette élite du portefeuille s'est étonnamment « démocratisé ». Quand il fallait posséder au moins 60 millions d'euros en 2007 et 2008 pour entrer dans le classement, un « modeste » patrimoine de 39 millions suffit cette année pour y figurer.
Au sommet de la pyramide trône, comme l'année passée, la famille Mulliez et son patriarche, Gérard Mulliez.
Les Mulliez au sommet : la prudence paie
Les propriétaires d'Auchan confirment leur statut, malgré une baisse de 24% sur les ventes du distributeur. Même s'il ne faut pas se hâter de tirer des conclusions hâtives en cette période de chute des marchés financiers, on peut penser que la famille Mulliez tire les bénéfices d'une position de principe adoptée de longue date : ne jamais inscrire Auchan sur la liste des sociétés cotées en Bourse.
Derrière la famille Mulliez et ses 15 milliards d'euros, on trouve deux autres habitués des classements prestigieux : Bernard Arnault (14,5 milliards) et la famille Bettencourt (10 milliards).
La crise a largement rebattu les cartes dans le gotha des millionnaires français. Robert Louis-Dreyfus, décédé il y a peu, est relégué en cinquième position par la famille Hermès. Cette dernière est la seule parmi le quintet de tête à avoir vu ses actifs progresser en 2008, gagnant deux places et affichant un patrimoine de 7,7 milliards.
Disputes et chicanes
Mais la crise a surtout eu un impact majeur à l'intérieur même des grandes familles. L'effondrement du titre de la SPLS a entraine une véritable révolution de palais dans la fratrie Wendel, causant le départ de son médiatique leader, Ernest-Antoine Seillière, remplacé par François de Wendel. Le nouveau chef de famille est d'ailleurs aujourd'hui soutenu par tous ses parents.
Chez les Peugeot, la baisse des ventes et les pertes de 300 millions concédées par PSA ont suscité des choix cornéliens. Une partie de la famille souhaitait malgré tout obtenir des dividendes sur l'année, alors que ses leaders historiques, Thierry et Robert Peugeot voulaient privilégier l'outil industriel.
C'est la deuxième option qui s'est imposée, avec en tout état de cause, un matelas pour les actionnaires familiaux : la famille Peugeot a engrangé au cours des années l'équivalent de deux à trois ans de dividendes pour verser un revenu aux descendants de la lignée.
Relativiser a chute
Si la chute est lourde pour certains, les plus fortunés de France tirent en fait assez bien leur épingle du jeu. Dans les colonnes de Challenges, l'économiste Thomas Pyketty note certes que leur fortune s'érode de 27% alors que les Français ont perdu en moyenne 10% de leur patrimoine en 2008.
Mais cette baisse est relative si on la compare à l'évolution des marchés financiers, qui se sont affaissés de 40% l'an passé.
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