L'enseigne Pimkie, propriété de Gérard Mulliez, distancée par ses concurrentes
07/12/2009 | 16:00 Il y a près de quarante ans, date de sa création, la marque lilloise apparaissait comme une petite révolution sur le marché des vêtements féminins. Pour la première fois en France, Pimkie prenait le risque de lancer des modèles dépareillés à des prix imbattables. Aujourd'hui pourtant, faute d'avoir su s'adapter, l'enseigne de Gérard Mulliez a été largement dépassée par les Gap et autres Zara.
Avec ses 760 boutiques en France, en Allemagne, en Espagne ou en Italie, Pimkie est plutôt bien implantée. Après avoir offert de juteux bénéfices à ses actionnaires pendant trente ans, la marque a pourtant progressivement perdu son statut de vache à lait.
En l'espace de quatre ans, son chiffre d'affaires est passé de 650 à 570 millions d'euros. Et le bénéfice, qui représentait autrefois 20% du chiffre d'affaires réalisé, a difficilement dépassé 1% en 2008.
Quant au ratio des ventes par mètre carré, il a chuté de plus de 30% en dix ans, à 4 700 euros, quand Camaïeu ou H&M dépasse allègrement les 6 000 euros.
Pour Gérard Mulliez et son groupe (Auchan, Leroy Merlin, Décathlon, ...), le contexte n'est donc pas à l'euphorie. Au printemps dernier, à l'annonce du plan social qui devait conduire à 190 suppressions de postes, 250 salariés se sont rassemblés devant le siège de Pimkie, dans la banlieue de Lille, pour manifester leur dépit.
Ont-ils voulu protester contre une politique qui, en dépit des problèmes traversés, a permis à la famille lilloise de prélever 160 millions d'euros de dividendes entre 2001 et 2006, comme le révèle Benoît Boussemart dans son livre « La Richesse des Mulliez » ? Ont-ils souhaité condamner l'absence de réactivité du groupe face à une situation qui se dégradait ?
Le fait est que l'arrivée sur le marché de Zara, mais aussi de Camaïeu et H&M ont sensiblement modifié les choses. Le recours aux sous-traitants d'Asie et du Maghreb leur ont permis de concurrencer Pimkie sur le terrain du prix. L'organisation très centralisée de l'enseigne n'a pas été un vecteur de remise en question et d'adaptation. Et les choix opérés au début des années 2000 (rajeunir la cible des clientes en particulier) n'ont pas eu les succès escomptés.
Toutes les stratégies mises en place depuis n'ont pas suffi à relever la marque.
« Cette réputation de marque pour ados nous colle aux basques », déplore une salariée de Pimkie. Le problème tient au fait que le groupe ne parait pas encore disposé à financer le redressement qui s'impose pourtant. « Je ne veux pas investir plus que ce qu'on gagne », justifie Eric Vandendriessche, le nouveau Directeur Général de l'enseigne.
Les beaux jours sont encore loin.
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