Guy Wyser Pratte ne fera pas la loi chez Lagardère
27/04/2010 | 16:00 Ce matin s'est tenue au Palais des Congrès de Paris l'assemblée générale annuelle des actionnaires du groupe Lagardère. Celle-ci aurait pu être tout ce qu'il y a de plus classique sans les ambitions de Guy Wyser Pratte. Si les deux résolutions déposées le 25 mars par l'activiste actionnarial ont été largement repoussées par les actionnaires, il convient de revenir sur les enjeux et les questions soulevées par cette histoire passionnante.
Dès 10 heures ce matin, le palais des Congrès a été le lieu d'échanges d'amabilités en tous genres entre Guy Wyser Pratte et Arnaud Lagardère. Seize résolutions sont à l'ordre du jour, mais deux retiennent tout particulièrement l'attention et crispent l'assemblée. Le raider franco-américain Guy Wyser Pratte, habitué aux attaques agressives et détenant 0,53% du capital de Lagardère ne cache plus ses ambitions, deux grandes et belles ambitions...
La première résolution est simple : Wyser Pratte désire rentrer au Conseil de Surveillance, actuellement composé de 14 actionnaires de la société. Cette résolution est rejetée à l'AG par 77,91% des voix. La deuxième ambition est plus stratégique : le "raider" remet en cause le statut de commandite de Lagardère. Faire évoluer la gouvernance de la société en commandite vers une société anonyme reviendrait à déchoir Arnaud Lagardère des pouvoirs de décision.
En effet, le statut de commandite permet au gérant-commandité, à savoir Arnaud Lagardère, d'être maître à bord avec seulement 10% du capital, 9,6% exactement, en contrepartie d'une responsabilité sur ses biens propres. Cette résolution été repoussée par 76,22% des actionnaires.
Les arguments de Wyser Pratte
Le "raider" a ouvertement critiqué la gestion du groupe en pointant du doigt la désinvolture et la démobilisation de Lagardère en le traitant de "gentil garçon qui devrait plutôt se consacrer à ce qu'il aime : le sport".
La critique des membres actuels du conseil de surveillance a servi d'argument à la justification de sa première résolution. Il s'est attaqué à l'âge de Raymond Lévy (83 ans) puis à la dimension franco-française des membres conseil.
Enfin, il n'a pas manqué de relever que le titre avait perdu plus de la moitié de sa valeur en quatre ans.
La réponse de Lagardère
Arnaud Lagardère, arrivé à la tête du groupe en 2003 après le décès de son père Jean-Luc, a repris point par point les critiques de Wyser Pratte pour les fustiger une à une. Il a tout d'abord mis en exergue son bilan optimiste en insistant sur le faible endettement du groupe, la marge d'autofinancement élevée, la reprise de la publicité ainsi que le versement de 3 milliards d'euros de dividendes depuis une quinzaine d'années. Le groupe Lagardère pèse aujourd'hui plus de 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Il s'est ensuite félicité de sa stratégie de recentrage. Il a même annoncé qu'il prévoyait de poursuivre les cessions d'actifs non stratégiques afin de confirmer sa position de "pure player" largement préférable à celle passée de conglomérat.
Enfin il n'a pu s'empêcher d'évoquer le fonds géré par Wyser Pratte, GWP, doté de 500 millions de dollars, qu'il a qualifié de "fonds vautour" dont le seul but est de faire grimper le cours de l'action pour la vendre au prix fort avant de s'en détourner. Il n'a pas manqué de faire remarquer que nombre de ses sociétés se situaient dans des paradis fiscaux.
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