Guy Wyser-Pratte s'attaque à Lagardère
31/03/2010 | 06:00 Cela faisait plusieurs années qu'il se faisait discret. L'activiste franco-américain Guy Wyser-Pratte, qui s'était tourné vers l'Allemagne (avec à la clé des prises de participation dans Mobilcom, TUI ou Lannesmann), s'attaque cette fois au groupe Lagardère.
Le plan de Guy Wyser-Pratte est connu : au cours de l'assemblée générale du groupe Lagardère SCA, prévue le 27 avril prochain, le financier déposera deux résolutions. La première consistera à le faire élire au conseil de surveillance, la seconde à limiter le pouvoir des associés en faisant s'écrouler la muraille que constitue le statut de commandite. Lagardère ne peut ainsi faire l'objet d'une OPA hostile.
Hérité de Jean-Luc Lagardère, ce statut de « société à commandite par action » est assez peu répandu, mais se veut redoutable pour les prédateurs. Il offre de larges pouvoirs aux associés du groupe, en particulier Arnaud Lagardère (9,36% du capital et 13,86% des droits de vote), qui contrôle totalement le groupe. Chantre de l'activisme actionnarial, Guy Wyser-Pratte souhaite transformer Lagardère SCA en société anonyme, un changement qui nécessite évidemment l'accord (peu probable) d'Arnaud Lagardère pour soumettre cette proposition au vote.
« Une structure archaïque »
Pour Guy Wyser-Pratte, qui scrute sa cible depuis de longs mois, la structure « archaïque et médiévale » du groupe Lagardère bride l'évolution du cours, dont il fixe la véritable valeur entre 40 et 50 euros. L'action Lagardère, qui a bénéficié de l'annonce du raid le jour de son annonce, cotait à 28 euros le 25 mars dernier. « Je n'enlève rien au pouvoir des commandités, assure-t-il. Je souhaite juste redonner un peu de pouvoir aux actionnaires normaux ». La fenêtre de tir est plutôt bien choisie, le groupe de médias venant tout juste de publier un bénéfice net en chute libre pour 2009 (-77%). Pis, l'action a perdu la moitié de sa valeur en trois ans.
L'ancien Marines s'en prend frontalement à Arnaud Lagardère, jugé coupable de « s'intéresser qu'au sport ». « La commandite, selon lui, c'est quelques douves autour d'un QG et quelques crocodiles dedans » (La Tribune, 26/03). Et d'enfoncer le clou, en relevant que la direction de Lagardère souhaite nommer un magistrat au conseil de surveillance, Jean-Claude Magendie, premier président de la Cour d'appel de Paris...
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