Ingvar Kamprad plus que jamais attaché au modèle low-cost d’Ikéa
28/02/2011 | 12:00 La diffusion fin janvier à la télévision suédoise d’un documentaire révélant les dessous de l’organigramme d’Ikea a fait couler beaucoup d’encre. Son fondateur, Ingvar Kamprad, a réagi et a préféré insister sur les atouts historiques du célèbre groupe d’ameublement, de tout temps attaché à une stratégie low-cost.
En pleine crise, les performances d’Ikea ont de quoi rendre jaloux la concurrence, plus que jamais à la remorque d’un business model qui n’en finit pas de faire ses preuves. Pour la première fois, les comptes ont été rendus publics : en 2010, les 284 magasins Ikea ont généré un chiffre d’affaires de 23,1 milliards d’euros (+7,7% comparé à 2009), pour des profits de 2,7 milliards (+6,1%). Encore plus fort, ces ventes ont été réalisées pour 80% dans la « vieille Europe », avec des taux de croissance de 8,2% dans une Espagne sinistrée et de 11,2% en Italie.
Une des particularités de la marque d’
Ingvar Kamprad est de se présenter comme une entreprise économe et attachée à préserver l’environnement. Un exemple révélateur : les designers d’Ikea sont parvenus l’année dernière à compacter davantage le canapé Ektorp, permettant de mettre plus d’exemplaires dans les rayonnages et de réduire les émissions de CO2 dues au transport. Le client n’a pas à s’en plaindre : le prix a été raboté de 100 euros !
Mais à force de chercher la petite bête, on finit par la trouver. En janvier dernier, la télévision suédoise a enquêté sur l’organigramme du groupe employant 127 000 personnes. Et la révélation est tombée : Ikea est coiffée par une fondation, Interogo, basée au Liechtenstein et riche de 11 milliards d’euros. Cet argent provient en fait de royalties de 3% ponctionnées sur chaque article vendu, et échappant au fisc suédois.
Ingvar Kamprad a immédiatement réagi : « Nous avons toujours considéré les impôts comme des coûts, à l’image des autres coûts liés à la marche d’une entreprise. Une structure fiscale optimisée nous donne plus de flexibilité pour réaffecter les fonds, déjà taxés sur un marché, dans un autre marché en évitant une double taxation ».
Cet échafaudage a une autre vocation : préserver l’indépendance d’une des plus importantes sociétés familiales du monde occidental. Difficile en effet de racheter une fondation qui, comme le rappelle Ingvar Kamprad, appartient... à elle-même ! L’ensemble des biens immobiliers du groupe sont par ailleurs gérés aux Pays-Bas par Ikea SA, tandis que le bras financier de l’empire, Inter Ikea Finance, est installé en Suisse.
Rien de foncièrement illégal dans cet organigramme façon poupées russes, mais une petite ombre jetée sur cette pieuvre de l’ameublement qu’est Ikea. Même si, comme le rappelle son fondateur, « un sou est un sou ». Les consommateurs n’ont en effet pas à se plaindre du modèle low-cost défendu par le géant suédois !
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