Affaire Kerviel : la Société Générale renonce au 4,9 milliards
07/10/2010 | 13:00 Alors que la condamnation à l'encontre de Jérôme Kerviel, tombée mardi, n'en finit plus d'alimenter la polémique, la Société Générale a annoncé hier soir ne pas exiger le remboursement de l'intégralité des 4,9 milliards d'euros au "trader fou".
Le Tribunal correctionnel de Paris a fait preuve d'une extrême sévérité mardi : l'ancien golden boy de 33 ans a été reconnu coupable d'"abus de confiance", d'"intrusion frauduleuse dans un système informatique" et de "faux et usage de faux". Sans parler de l'interdiction formelle d'exercer jusqu'à la fin de ses jours une quelconque activité dans la finance. Pour ces faits, il est condamné à trois ans de prison ferme et à des dommages-intérêts de 4,9 milliards d'euros. Parallèlement, la Société Générale est blanchie de toute responsabilité.
Oui mais voilà, l'incendie médiatique a été tel que la banque a préféré apaiser les tensions en renonçant à ce remboursement. En France et à l'étranger, les réactions et commentaires ont plu. Les médias se sont étonnés de l'ampleur de la sanction, à l'instar de Businessweek qui s'est dit "choqué" du montant. Un des bloggeurs du Wall Street Journal s'est, quant à lui, amusé à compter le nombre d'années qu'il faudrait au trader pour rembourser sa dette, au vu de son salaire actuel de consultant informatique : 180 000 années !
Cette tempête médiatique a été intensifiée par les mots du porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, cité par les Echos. Celui-ci a évoqué le fait que la banque puisse "éventuellement faire un geste". A l'écoute des propos de la directrice de la communication du groupe, qui s'est exprimée hier en fin d'après-midi sur France Info, le message semble avoir été entendu .
Selon ses termes, "Il n'est pas question d'aller réclamer une telle somme à un homme seul". Comparant ces dommages-intérêts à une "reconnaissance symbolique " de la responsabilité de
Jérôme Kerviel, Caroline Guillaumin, affirme vouloir "Trouver une solution raisonnable dans l'intérêt des actionnaires et des salariés et en prenant compte de la situation de
Jérôme Kerviel." Elle conclut en rappelant que
Jérôme Kerviel a fait appel ; "C'est à ce moment là qu'on pourra revenir sur le sujet des dommages-intérêts et de la peine".
Pauline Raud
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