Jim Rogers conserve son or et se renforce sur l'argent
02/07/2010 | 07:00 Jim Rogers n'est jamais aussi heureux que lorsque tout s'effondre. Et justement, il pense que l'économie mondiale n'a jamais été aussi précaire. Une grande période pour faire des affaires, selon Rogers.
On connaît la confiance – très, très mesurée – qu'il accorde aux décideurs économiques de la planète et l'on sait l'appétit de l'homme d'affaires pour les matières premières. S'il pense qu'il est bien plus malin d'investir dans du "solide" que dans des actions à l'avenir incertain, Rogers n'est pas homme à se ruer tête baissée.
Il a longtemps défendu l'investissement dans l'or et continue d'en détenir une grande quantité. Selon lui, les gouvernants du globe ont tellement malmené leurs monnaies qu'ils ont donné aux investisseurs l'envie de se réfugier durablement dans l'ancienne valeur-étalon.
Mais aujourd'hui,
Rogers met un bémol : la ruée vers l'or ne durera pas. Le marché pourrait bien se maintenir pendant une petite décennie, mais il estime que la bulle explosera aux environs de 2019. En fait, ajoute-t-il, tout dépendra des gouvernements occidentaux : à quel point "aviliront-ils (sic) leurs monnaies ?"
Tant que les États feront marcher la planche à billets, les monnaies se déprécieront, et
Jim Rogers conservera son or. Parfois difficile à cerner idéologiquement, le monétarisme de Roger ne fait ici guère de doutes.
Or, argent, palladium, platine, les stars de Jim
En somme, Jim Rogers reste bien calé au sein de la cohorte de stars de la Bourse qui confient aisément leur attirance pour le métal précieux : John Paulson, John Burbank (Passport Capital) ou David Einhorn (Greenlight Capital).
Mais Rogers n'aime pas acheter un actif qui culmine déjà à son plus haut niveau historique et, s'il ne vend pas ses lingots, il n'en achète plus non plus.
En revanche Jim Rogers est beaucoup plus volontariste sur d'autres métaux rares, comme l'argent ou le palladium, qui se négocient actuellement entre 50 et 70% en deçà de leurs plus hauts cours. Conservez l'or, ajoutez une pincée de platine, et vous obtiendrez la composition du carré magique de Little Big Jim.
Car
Rogers reste manifestement persuadé que le petit jeu auquel se livrent nos gouvernants va mal finir. Il continue de vendre sans vergogne ses actions et achète des commodités pour miser sur les cycles longs.
Mais si une valeur pourrait bientôt avoir ses faveurs, c'est peut-être le titre BP. Très attentif à ce qui se passe sur les marchés pétroliers, il estime que BP – qui touche le fond depuis le début de la marée noire dans le Golfe du Mexique – finira bien par redresser la tête.
Et s'il n'a pas encore acheté massivement d'actions, il laisse entendre que le bon moment approche. Car comme il le confie lui-même, "les catastrophes sont toujours de grands moments pour investir".
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