Kenneth Griffin ne forcera pas la cession d’E*Trade
17/11/2011 | 10:00 Le patron de Citadel en est pour ses frais. Après avoir demandé une deuxième étude sur la cession du courtier en ligne E*Trade, le milliardaire doit essuyer un nouvel échec.
E*Trade restera indépendant. Le conseil d’administration du courtier en ligne l’a affirmé en début de semaine, suivant ainsi les recommandations de Goldman Sachs. La nouvelle ne réjouit guère
Kenneth Griffin, qui pousse depuis quelque temps à une cession de la firme. Pour
Kenneth Griffin, la direction actuelle n’est pas capable de créer de la valeur pour l’actionnaire. D’autant qu’E*Trade continue d’afficher des performances moins bonnes que ses concurrents.
A travers son fonds Citadel,
Kenneth Griffin s’est particulièrement impliqué dans E*Trade. L’homme d’affaires est venu au secours de l’entreprise, en 2007, en apportant pas moins de 2,5 milliards de dollars pour la sauver de la faillite. Il a acquis en échange 9,6% du capital mais il n’était pas au bout se ses peines. Face à une détérioration du marché hypothécaire plus forte que prévu, Citadel a de nouveau injecté dans E*Trade un peu moins de 1,7 milliard de dollars pour reprise de dette. Depuis déjà 4 ans, le courtier tente d’assainir ses comptes. Entre septembre 2007 et aujourd’hui, son portefeuille de titres a fondu de 32,3 à 13,8 milliards de dollars. Entre temps, l’ami Kenneth s’impatiente.
Deux études pour rien
L’étude commandée à Goldman Sachs n’est pas foncièrement opposée à l’hypothèse d’une cession, mais le timing semble particulièrement mal choisi. D’une part, les marchés sont frileux, voire congelés par l’hiver bancaire européen. Ensuite, E*Trade est en possession d’un très gros portefeuille hypothécaire, qui fait figure de repoussoir pour la plupart des repreneurs potentiels. D’ailleurs, les concurrents du broker – TD Ameritrade et Charles Schwab Corp. – ont rapidement indiqué que l’opération leur paraissait extrêmement difficile.
C’est pourtant
Kenneth Griffin qui avait demandé à ce qu’une nouvelle étude soit menée par Goldman Sachs. Il avait auparavant plaidé pour qu’E*Trade se sépare de sa précédente banque-conseil, JP Morgan, coupable d’avoir elle aussi rejeté l’idée d’une cession, dans une analyse de 2010.
Pourtant, malgré ces expertises, les marchés restent dubitatifs : après l’annonce du conseil d’administration, le titre E*Trade perdait 5,3% à Wall Street. A croire que les investisseurs font plus confiance à Kenneth Griffin qu’à deux institutions financières reconnues.
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