Li Ka-shing investisseur de référence pour la Banque Agricole de Chine
18/06/2010 | 07:00 Li Ka-shing n'était encore qu'un bambin quand, en 1934, Mao entamait la Longue Marche. Entre le dictateur communiste et le bouillonnant homme d'affaires de Hong Kong, le fossé est immense. Et pourtant - signe d'une Chine en pleine mutation - c'est dans le capital d'une banque fondée par le Grand Timonier que le milliardaire investit aujourd'hui.
La Banque Agricole de Chine va lancer la plus importante introduction en Bourse au monde en entrant simultanément sur les places de Shanghai et Hong Kong avec pour objectif la levée de... 23 milliards de dollars.
Et encore, si la crise des États de la zone euro n'avait pas éclaté, la somme levée aurait dû atteindre 30 milliards de dollars. Un brin ironique pour une banque qui fut crée dans les années 1950 par Mao Tse-toung.
Les deux hommes les plus riches de Chine,
Li Ka-shing (Hutchison Whampoa) et
Lee Shau Kee (Hendeson), ont déjà annoncé qu'ils souscriraient à l'offre, à hauteur d'un milliard de dollars de Hong Kong (128 millions de dollars US), chacun.
Adossée sur l'État chinois, avec des investisseurs aussi prestigieux que
Li Ka-shing et
Lee Shau Kee - qui pointent respectivement aux 14ème et 22ème rangs des plus grandes fortunes mondiales - AgBank devrait avoir de quoi séduire les marchés.
Pourtant, les analystes ne paraissent pas totalement emballés par l'affaire. Car la banque agricole apparaît comme la plus faible des trois plus grandes compagnies financières chinoises, avec des crédits moins sûrs que ses consœurs.
La banque compte un petit plus de clients que... la population des États-Unis, mais certains observateurs estiment qu'elle n'a pas encore fini de "nettoyer" son bilan en se délestant des actifs non-stratégiques.
AgBank présente la particularité d'être dirigée par Xiang Junbo, qui fut auparavant scénariste primé et ancien héros de guerre. Engagé dans l'armée à 22 ans, il a combattu lors du bref mais sanglant conflit de frontière avec le Vietnam, en 1979, où il fut blessé à la jambe et décoré pour faits d'armes.
Quoi qu'il en soit, et même si quelques uns font la fine bouche, la Banque Agricole Chinoise attise les convoitises. Le fonds souverain de Singapour a déjà annoncé qu'il prendrait part à l'introduction à hauteur 300 millions de dollars. Et plusieurs autres fonds souverains asiatiques ou moyen-orientaux sont prêts à embrayer derrière les actionnaires phares.
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