Les comptes du studio de production de Luc Besson dans le rouge
01/07/2010 | 16:00 De quoi broyer du noir... EuropaCorp Distribution enregistre, pour la première fois de son histoire, des pertes. Malgré la hausse du chiffre d'affaires annuel, le studio de production voit son résultat opérationnel tomber dans le rouge. EuropaCorp est pénalisé par un nombre de films sortis excessif et par des budgets parfois trop élevés relativement aux entrées dans les salles obscures. En pleine fête du cinéma (26 juin au 2 juillet), revenons sur les succès, les déceptions et les projets de Luc Besson.
La major, créée en 2000 par le réalisateur et producteur millionnaire, enregistre des pertes annuelles de 9,8 millions d'euros sur son exercice 2009/2010. Et le cours de l'action EuropaCorp en paye le prix fort. Entrée en bourse sur le New York Stock Exchange Euronext en juillet 2007 au prix de 15,50 euros, l'action a vu sa valeur divisée par trois : elle vaut aujourd'hui 5 euros.
Ce mauvais résultat est majoritairement dû aux recettes décevantes des films à gros budgets diffusés dans les salles de cinéma françaises. La major a sorti dix huit films cette année, un chiffre record. Le studio en avait sorti 10 l'année précédente. Hélas, parmi ces films, certains n'ont pas rencontré le succès escompté.
C'est le cas du deuxième opus d'Arthur et les minimoys, intitulé "Arthur et la vengeance de Maltazard", qui a coûté 62 millions d'euros et n'a enregistré que 3,9 millions d'entrées. Rappelons que le premier volet a attiré 6,5 millions de cinéphiles, petits ou grands. Autre déception : le film "From Paris with love", réalisé par Pierre Morel et interprété par John Travolta. S'il s'est bien vendu à l'étranger, les spectateurs français n'ont pas été conquis. Seuls 300 000 Français ont fait le déplacement lors de sa sortie en février 2010.
Et pourtant le chiffre d'affaires annuel d'EuropaCorp a augmenté de 41% à 181 millions d'euros. En effet, en 2009, les ventes de vidéos ont augmenté de 72% et les ventes à l'étranger de 95%. De quoi booster le chiffre d'affaires, au même titre que la distribution en salles des dix huit films.
Les projets de Luc Besson
Ces pertes annuelles n'ont pas pour autant grignoté les ambitions de Luc Besson et n'ont pas remis pas en cause le modèle économique du studio basé sur des films grand public calibrés pour l'international. EuropaCorp envisage de s'ouvrir plus largement à l'international en intensifiant sa production de films en langue anglaise. Actuellement, un film sur trois est produit dans la langue de Shakespeare. Luc Besson souhaite augmenter ce pourcentage à 50%.
Autre objectif : produire des séries télévisées, déclinées de ses longs métrages. Ainsi la trilogie le Transporteur ou les opus d'Arthur seraient adaptés en fictions télévisées via le rachat de la société Cipango, qui produit notamment la série "XIII" ou encore "Les Bleus", diffusée sur M6. Cette stratégie de diversification permettrait d'équilibrer les comptes.
Car le début d'exercice n'est pas très bon. Le dernier film, "Adèle Blanc-Sec", avec l'ancienne miss météo de Canal Plus, Louise Bourgoin, n'a réalisé que 1,6 millions d'entrée en France pour un budget de 31 millions d'euros. Nous sommes bien loin des 10 millions de spectateurs qui se sont pressés dans les salles obscures lors de sa sortie du "Grand Bleu" en 1988.
Espérons que les prochaines sorties séduiront le public. En octobre, le troisième volet, "Arthur et la guerre des deux mondes", débarque sur les grands écrans. Luc Besson table aussi sur des films affichant de jolies têtes d'affiche, à l'instar de la comédie dramatique "Les Petits Mouchoirs" réalisé par Guillaume Canet avec Marion Cotillard et François Cluzet qui sortira cet automne.
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