Marc Simoncini et Meetic, la fin d’une belle histoire d’amour ?
01/06/2011 | 10:00 Un accord sur la vente par Marc Simoncini de son « bébé », à savoir son site de rencontres Meetic, à l’américain Match.com, filiale d’IAC, détenu par Barry Diller, semble en bonne voie. Reste en suspens la question de la valorisation, en chute libre, qui ne manquera pas de faire gronder les autres actionnaires du premier site de rencontres européen. Retour sur le par-cours et la mentalité d’une personnalité hors du commun, en France au moins !
Ce n’est pas la première fois que
Marc Simoncini, fondateur de Meetic en 2001, essaie de vendre sa société, grande pionnière des réseaux sociaux qui quadrillent aujourd’hui la planète. En septembre 2010, il avait lancé ce projet, puis abandonné deux mois après, déçu par les faibles hauteurs atteintes par les offres de rachat. A cette époque, le cours de l’action était de 23 euros. « Aucune offre ne reflétait le potentiel de développement de Meetic », a confié le tycoon français quelque temps après.
Aujourd’hui, il semble bien décidé à enfin passer aux actes. L’heureux élu, avec qui Simoncini s’est mis d’accord, est Match.com, filiale du groupe américain
IAC, dirigé par un autre de nos barons,
Barry Diller. Si
Meetic est le numéro un des rencontres en ligne sur le Vieux continent, Match.com est le leader mondial. L’offre de ce dernier valorise la société française à 345 millions d’euros, ce qui représente une prime de 11,6% par rapport au cours de Bourse actuel de Meetic, qui est... à peine supérieur à 13 euros. La pieuvre Facebook est passée par là...
Le montage prévoit que
Marc Simoncini apporte 16% de ses 23% du capital de
Meetic à l’OPA américaine. Il conserverait alors 7% et un siège au conseil d’administration du site. Charge pour lui de convaincre ensuite les autres actionnaires, ce qui pourrait être une course d’obstacles, sachant que le cours de Bourse de Meetic a culminé à 32 euros avant la crise financière. Mais il n’en a cure : « Aujourd’hui, c’est le bon timing pour constituer un groupe global », faisant référence au nouveau géant des rencontres sur le Net que composerait l’ensemble Match.com-Meetic.
Le premier « serial entrepreneur » français !
Pourquoi vendre aujourd’hui ? En fait, s’il tient absolument à vendre, alors que le cours de l’action est inférieur à celui du cours d’introduction, en 2005, c’est qu’il s’est trouvé une nouvelle marotte : la
vente de lunettes low-cost en ligne. Après avoir racheté le site lentilles-moinscher.com, il a lancé Sensee, premier groupe français d’optique sur le Net, qui devrait, assure-t-il, occuper 80% de son temps (il dit travailler 20 heures par jour...). Ses premières lunettes seront d’ailleurs en vente dès cet été.
Une chose est sûre, notre homme a la bougeotte, pas question de rester en place, sous peine de s’ennuyer, ce qui revient pour lui à mourir ! Un de ses meilleurs amis,
Xavier Niel (ils se sont connus au temps du minitel !), dresse son portrait : « Marc est vraiment le premier serial entrepreneur français de la technologie. C’est l’entrepreneur à l’américaine, dans le sens où il crée, développe et vend, pour ensuite repartir dans une nouvelle vie et recréer autre chose ». Le fondateur de Free le compare d’ailleurs à Sean Parker, créateur de Napster, parti diriger Facebook dans la foulée.
Marc Simoncini a ainsi commencé par créer iFrance, vendu à Vivendi pour 182 millions d’euros. Payé en partie avec des actions du groupe de J2M, il s’est retrouvé endetté jusqu’à la ceinture, mais c’est à ce moment là qu’il a sorti Meetic de son chapeau, qui culmine au-jourd’hui à 870 000 abonnés. Son succès, assure-t-il, il le doit à sa volonté de rembourser ses dettes. « Sans cette motivation, je n’y serais jamais arrivé », confesse
Marc Simoncini.
Alors, effectivement, ce ne sont pas quelques millions d’euros de plus-value en moins qui vont l’empêcher de vendre Meetic, son désormais trop vieux bébé !
© Zonebourse.com 2011 / Crédit photo © Maxppp