Michael Bloomberg craint une régulation excessive du système financier
23/04/2010 | 13:00 Barack Obama s'est rendu jeudi à New York, promotion de la loi sur la réforme de la finance oblige. Au cœur du scandale Goldman Sachs, le gouvernement américain est bien décidé à défendre un meilleur encadrement des institutions financières. Michael Bloomberg, maire de New York et grand financier, ne semble pas si convaincu de cette nécessité. Panorama de deux idéologies divergentes.
Le chef de l'Etat américain a prononcé hier, à l'université privée de Cooper Union, un discours prônant une meilleure régulation financière. La réforme vise à empêcher les comportements à risque, accusés d'être à l'origine de la crise des subprimes. Pour le conseiller principal d'Obama, Jared Bernstein "Il serait très irresponsable de notre part de ne pas prendre les mesures nécessaires pour empêcher que cela se reproduise".
Les membres d'une commission du Sénat ont adopté mercredi un texte renforçant le contrôle sur les produits dérivés. Le but étant de rendre ce marché totalement transparent. Le projet de loi prévoit également la création d'une agence pour la protection du consommateur financier (CFPA) au sein de la banque centrale (Fed). Enfin, Obama avait déjà parlé en janvier de taxer les primes et les bonus de Wall Street, jugés indécents.
Michael Bloomberg, porte parole de Wall Street
Et c'est là que le bât blesse pour Michael Bloomberg. Le maire républicain de New York dénonce une réglementation excessive de Wall Street. Selon cet expert des questions financières qui a crée sa société d'information Bloomberg LP, trop d'encadrement et de contrôle mettrait l'économie en danger.
Faut-il encore préciser à quelle échelle il se place. Pour David Yermack, professeur de finance à la New York University Stern School of Business, Bloomberg s'inquiète surtout pour l'économie de New York. A ses yeux, Bloomberg a tout intérêt à ce que Wall Street réalise des profits. Il est compréhensible qu'il veuille que les affaires soient prospères, autrement dit non encadrées ; car chaque milliard de dollars de bénéfices réalisé à Wall Street est synonyme pour la ville de millions de dollars d'impôts directs. Sans parler des avantages indirects corrélés à la consommation des salariés de la Bourse qui dépensent leurs dollars dans les commerces new yorkais.
Bloomberg redoute les phénomènes de démotivation et de fuite des cerveaux pouvant être engendrés par le projet de taxe sur les bonus. Un trader, vu les risques permanents qu'il prend et le rythme de travail qu'il mène, se doit d'être largement rémunéré. Si l'Etat taxe les primes des golden boys, ceux-ci seront tentés d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Et pour le maire de New York, il ne fait aucun doute qu'ils trouveront un autre pays où les billets seront effectivement plus verts.
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