Michael Dell va-t-il s'offrir Palm ?
01/04/2009 | 11:00 Dell est riche. Mais la question est : « Que faire d'une telle richesse ? ». Les analystes financiers voient bien se profiler une acquisition majeure avec une cible toute désignée : Palm. Mais Michael Dell, qui aime entretenir le mystère sur la stratégie mobile de son groupe, pourrait opter pour une toute autre solution.
La publication d'un rapport de Dow Jones a relancé la semaine passée les rumeurs sur une possible acquisition de Palm par Dell. Selon plusieurs analystes, dans les conditions de marché actuelles, une fusion aurait du sens.
Tout d'abord, note Shaw Wu, analyste financier chez Kaufman Bros, l'opération permettrait à Dell de mettre un pied dans le marché des smartphones. Le fabricant informatique doit impérativement se diversifier pour compenser les menaces qui pèsent sur son activité serveurs, menacée par l'arrivée prochaine de Cisco et par l'hypothèse d'un rapprochement entre IBM et Sun Microsystems.
De son côté, Palm a besoin d'un soutien pour faire face à la vive concurrence d'Apple - qui prépare une nouvelle version d'iPhone - et du célèbre BlackBerry.
La couleur de l'argent
Michael Dell est assis sur un impressionnant trésor de guerre : il dispose de 9 milliards de dollars de liquidités, alors que selon Tom Taulli, fondateur de BizEquity, Palm pourrait être racheté aujourd'hui pour seulement 1 milliard.
Et pour Palm, le nerf de la guerre devient crucial. Le groupe a vu ses ventes fondre de 71 % au troisième trimestre de son exercice, comparé à l'année précédente. Le fabricant de smartphones est à un moment stratégique, alors qu'il s'apprête à lancer, d'ici fin avril, son prochain produit phare, le Palm Pre. Or, celui-ci sera distribué en exclusivité par Sprint Nextel, et l'opérateur affronte aujourd'hui des difficultés financières majeures qui pourraient le dissuader d'adopter une politique commerciale à la hauteur de l'événement.
Un seul des analystes cités part Reuters émet un bémol. Jack Gold, de J. Gold Associates, estime que la fusion aurait eu du sens il y a deux ans, mais désormais les deux groupes ont manqué la fenêtre de tir. Il considère que Dell pourrait plus probablement acquérir un constructeur asiatique tel qu'Asustek Computer, Acer ou HTC.
L'insolvable équation des smartphones
Interrogé le 24 mars sur le virage de son groupe vers les technologies mobiles, Michael a confirmé ses intentions... sans donner de réelle information : « il est vrai que nous explorons des appareils dotés de plus petits écrans ».
Si Dell devait se lancer seul dans les smartphones, il devrait relever de lourds handicaps. Le marché est déjà chargé, avec des nouveaux entrants tels qu'Acer, Asus ou Lenovo, et des firmes bien installées comme Apple, RIM et... Palm.
MID-size pour maxi-profits
À la place, Dell pourrait être intéressé par un nouveau segment du marché, les « Mobile Internet Devices » ou MID. Ces appareils sont plus grands et plus puissants que les smartphones mais nettement plus petits et légers que les ordinateurs personnels tels que les « notebooks ».
Ce marché naissant est faiblement concurrentiel et pourrait offrir de juteuses opportunités de croissance. Selon ABI Research, les ventes de MID pourraient passer de 10 millions d'unités en 2008, à 200 millions d'unités en 2013, avec un chiffre d'affaires de 27 milliards de dollars. Cette année, le marché des smartphones ne devrait progresser que de 3,4 %.
En outre, s'il opte pour les MID, Dell n'aurait pas à élaborer une couteuse bibliothèque logicielle et pourrait s'appuyer sur les programmes existants de Microsoft ou Intel. Dell profiterait par ailleurs de sa présence massive dans les ordinateurs pour obtenir les meilleurs tarifs auprès des fournisseurs de composants.
Enfin, les MID offrent de plus de nouvelles opportunités, avec le développement d'applications ludiques, qui pourraient en faire un jour les concurrents des consoles de jeux de Nintendo et Sony, et musicales.
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