Michaël Ringier précise ses stratégies médiatiques
02/06/2010 | 07:00 Mercredi dernier, le président du groupe de média suisse Ringier, présentait ses résultats pour l'année 2009. Il en a profité pour préciser ses objectifs. Le groupe compte investir largement dans le numérique, mettre en place une coentreprise avec le groupe allemand Axel Springer et développer sa nouvelle organisation journalistique appelée "newsroom". Vaste programme.
Le groupe Ringier, né en 1833, est une entreprise 100% familiale. Le capital est détenu par Michaël et par ses deux sœurs. Si le président avoue avoir pâti de la crise, il ne s'en sort pas si mal : le groupe est en effet resté bénéficiaire en 2009 avec un chiffre d'affaires s'élevant à 858 millions d'euros.
L'heure est désormais aux projets. Et pour le coup, le gérant suisse n'en manque pas. Il mène de front trois stratégies, plus ambitieuses les unes que les autres. L'éditeur du "Temps" pense à l'avenir. Et l'avenir, il le voit à l'est. Déjà implanté en Roumanie, en Hongrie et en Slovaquie, le groupe escompte renforcer cette présence en s'alliant au groupe allemand Axel Springer, crée en 1946.
Cette coentreprise européenne permettrait à
Michaël Ringier de s'étendre en Pologne, en République Tchèque et en Serbie. Il y voit en effet un énorme potentiel et prévoit un chiffre d'affaires de 414 millions d'euros.
Ce bénéfice attendu à l'est permettra à
Michaël Ringier de ne pas perdre le nord. Les mutations actuelles bouleversant le secteur de la presse obligent les dirigeants des grands groupes médiatiques à se réinventer. Le numérique fait partie intégrante de cette stratégie d'adaptation. Le groupe helvétique réalise aujourd'hui 10% de son chiffre d'affaires sur Internet et Christophe Unger, le directeur général, espère bien que d'ici 2014 la part du numérique grimpera à 20%.
Michaël Ringier a également détaillé l'organisation novatrice dans laquelle il a investi en mars dernier. Fini les journalistes qui écrivent soit dans le quotidien "Bick", soit dans le journal du dimanche "SonntagsBlick"... Désormais, ces 200 journalistes seront regroupés au sein d'une même rédaction, baptisée "la newsroom", et écriront leurs articles selon les rubriques.
Enfin, d'après plusieurs sources de presse, le groupe désirait s'installer en France et aurait consulté le dossier de reprise du Monde. Info ou intox ? Quoi qu'il en soit cette perspective de rachat du quotidien n'est pas totalement dépourvue de sens. Ringier et le Monde coopèrent déjà via le titre phare Le Temps, dans lequel ils détiennent respectivement 47% et 2%.
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