Mikhaïl Prokhorov ne récupérera pas sa caution de 39 millions d'euros !
08/03/2010 | 06:00 La justice a tranché : pour avoir finalement renoncé à acheter la villa Leopolda, l'oligarque russe va devoir s'asseoir sur les 39 millions d'euros d'arrhes versés à la propriétaire, Lily Safra. Cette dernière a promis de reverser cet argent facilement gagné à une dizaine de fondations caritatives.
Le tribunal de grande instance de Nice a accordé à Lily Safra, veuve du banquier Edmond Safra, le droit de conserver les 39 millions d'euros de caution que lui avait versés le milliardaire russe, Mikhaïl Prokhorov, pour l'achat de la villa Leopolda, une des plus somptueuses demeures de la Côte d'Azur, à Villefranche-sur-Mer.
Pour le milliardaire, deuxième fortune de Russie avec près de 18 milliards de dollars, cette décision de justice est une déconvenue, mais il paie là sa légèreté. A l'été 2008, il s'était engagé à acquérir la villa « la plus chère du monde » pour 370 millions d'euros (plus 20 millions de meubles, voitures et autres objets d'art), avant de finalement se rétracter sans donner d'explications. On sait seulement que le milliardaire « a jugé que ce n'était plus le bon moment pour acheter ce type de bien ».
Cette magnifique villa, construite en 1902 pour le roi des Belges, est sise sur un domaine de 8 hectares dominant la mer. Elle a été acquise une première fois dans les années 50 par la famille Agnelli, avant d'être revendue au banquier libanais Edmond Safra, mort en 1999 dans un incendie criminel. C'est donc à sa femme, Lily, qu'est revenue la mission de se « débarrasser » de cet actif immobilier hors de prix.
A l'époque à la tête de Norilsk Nickel, Mikhaïl Prokhorov, charmé par la villa, mais aussi par les œuvres d'art et les 14 voitures qui vont avec, s'en porte acquéreur et verse au notaire 10% de la somme totale, soit 39 millions d'euros d'acompte... qu'il ne reverra jamais. En fait, les vrais gagnants de cette affaire sont les dix fondations à qui Mme Safra a promis de reverser cet argent empoché grâce au travail de ses avocats.
Lors de l'audience, le 16 décembre dernier, la défense de Prokhorov avait notamment fait valoir que le droit de rétractation de 7 jours, dont dispose tout acheteur foncier lui avait été refusé. La défense de Mme Safra, rappelant que ce droit s'applique à des particuliers et non à des professionnels, a argué que l'homme d'affaires russe avait acquis la villa via une société immobilière et non comme un simple particulier.
On ne sait toujours pas si notre oligarque, aujourd'hui patron du fonds d'investissement Onexim, fera appel. Mais une chose est presque sûre : il y regardera (au moins) à deux fois avant d'acheter sa prochaine résidence.
© Zonebourse.com 2010 / Crédit photo © Maxppp