Mikhaïl Prokhorov se lance dans le véhicule hybride et électrique
20/04/2010 | 07:00 La Russie n'est pas réputée pour être à la pointe dans le développement des véhicules hybrides et électriques. Mais les choses pourraient changer : le milliardaire Mikhaïl Prokhorov s'est en effet associé au constructeur de camions Yarovit pour produire les premiers modèles alternatifs made in Russia. Ce qui ne devrait pas déplaire au Kremlin, dont un des mots d'ordre est de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des combustibles fossiles.
Mikhaïl Prokhorov, patron du fonds d'investissement Onexim, a créé une joint-venture avec le constructeur Yarovit pour développer et commercialiser des véhicules « propres ». Notre milliardaire, à la tête de la deuxième fortune de Russie (13,4 milliards de dollars), s'est engagé à dévoiler à la fin de cette année trois prototypes hybrides et électriques, pour une production de masse prévue dès 2012. Dans cette optique, Onexim investira 204 millions de dollars dans l'affaire.
Selon Andrei Biryukov, directeur général de Yarovit, les véhicules qui seront produits pèseront 30% de moins que les plus petites voitures (conventionnelles) actuelles, grâce à l'utilisation de basalte et d'aluminium, et seront mis en vente entre 10 000 et 15 000 dollars. Le premier modèle présenté sera un hybride essence-méthane, les deux suivants seront des véhicules strictement électriques.
Yarovit et Prokhorov ont dès lors pour principal objectif la construction de plusieurs usines de production à travers la Russie, mais aussi à l'étranger. Si aucun emplacement n'a pour l'instant été révélé, Vladimir Poutine a d'ores et déjà donné son feu vert pour qu'une usine voie le jour à Togliatti, où est installé le constructeur automobile AutoVAZ, parrainé par l'Etat.
Une initiative qui devrait plaire à Poutine
Dans l'économie d'un pays où le poids des Gazprom, Rosneft et autre Loukoïl est écrasant, Vladimir Poutine n'a jamais caché vouloir encourager les alternatives aux énergies fossiles. L'oligarque Mikhaïl Prokhorov, dont l'empire va des mines d'or à la NBA (il possède l'équipe des New Jersey Nets), l'a pris au mot. Comme d'autres d'ailleurs avant lui : Mercedes, General Motors ou Renault fondent ainsi beaucoup d'espoirs dans ce nouveau marché, aussi prometteur que la future et probable pénurie de pétrole se fait menaçante.
Pourtant, des voix discordantes se font entendre. L'analyste Andrei Rozhkov, chez IFC Metropol, ne considère pas ce projet applicable : « Il n'y a aucune infrastructure disponible pour ce projet et les Russes ne sont pas prêts pour des véhicules aussi légers, étant donné le nombre d'accidents dans le pays », explique-t-il.
Entre conservatisme et modernité, Prokhorov a pourtant fait son choix : il ne laissera à personne d'autre le soin de retirer les premiers dividendes de la conversion des Russes aux véhicules propres, convaincu que le pétrole a fait son temps.
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