Nelson Peltz crée l’effervescence chez PepsiCo
18/11/2011 | 07:00 Trian Fund Management a semé le trouble en annonçant avoir acquis plus de deux millions d’actions PepsiCo. La rivale de Coca-Cola doit améliorer ses performances et se confronter aujourd’hui à de difficiles choix stratégiques.
Quand
Nelson Peltz s’invite à une table, c’est souvent pour la briser en deux. Le 14 novembre, le fonds d’investissement du businessman, Trian Fund Management, a annoncé avoir acquis 2,36 millions d’actions
PepsiCo, pour un montant de 146 millions de dollars. La part de capital correspondante n’est guère épaisse (à peine 0,15% pour une firme dont le chiffre d’affaires atteint 60 milliards de dollars). Mais la nouvelle a suffi à embraser les rumeurs autour de l’avenir du groupe.
L’activiste financier est célèbre à Wall Street pour avoir provoqué la scission de Kraft Foods, qui s’était alors séparé de son activité épicerie en Amérique du nord. Et rebelote chez un autre grand nom de l’agroalimentaire, Cadbury Schweppes. Celui-ci avait dû séparer son activité confiserie de la production de boissons. De quoi parier sur un scénario semblable chez PepsiCo.
L’arrivée de
Nelson Peltz au capital n’est pas la seule source de rumeurs. Le New York Post a publié un article daté du 16 novembre, évoquant de dissensions au sein du conseil d’administration de
PepsiCo sur l’opportunité d’une scission entre les boissons et les autres produits (céréales Quaker, chips Frito-Lay et Dorito, etc.). La PDG de PepsiCo, Indra Nooyi, est fermement opposée à une séparation qui, à ses yeux, n’apporterait aucun avantage industriel. Mais le New York Post cite plusieurs « sources » proche du board, qui indiquent que le sujet est loin d’être tranché entre les administrateurs. D’autres sources citées par le journal ajoutent que PepsiCo pourrait annoncer prochainement deux acquisitions de grande ampleur.
PepsiCo sous-évalué
Pour Donald Yacktman, qui détient 19,6 millions d’actions PepsiCo, la prise de participation de
Nelson Peltz ne présage pas forcement une tentative de scission. A long terme, les titres PepsiCo offrent un rendement supérieur aux bons du Trésor américain. De quoi penser, affirme Yacktman sur le site Seeking Alpha (16/11), que le groupe est nettement sous-évalué en Bourse, et offre un bon potentiel. Mais d’autres raisons peuvent expliquer cette faible valorisation.
Comparées à celles de son principal concurrent,
Coca-cola, les performances de PepsiCo ne sont pas à la hauteur. Au 15 novembre, le titre
PepsiCo avait perdu 3,06% sur un an, contre une hausse de 6,17% pour Coca-Cola. La firme d’Atlanta affiche une plus forte croissance trimestrielle que PepsiCo (45,5% contre 13,3%) et un bénéfice net bien supérieur (12,7 milliards contre 6,4 milliards de dollars). Autant de faiblesses qui font de PepsiCo un candidat crédible à scission. Et qui expliquent que
Nelson Peltz ait intérêt à se placer dans une position d’attente.
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